Le Secret de Charlie
Charlie St Cloud

Film américain de Burr Steers

Avec Zac Efron, Amanda Crew, Charlie Tahan, Donal Logue, Kim Basinger, Ray Liotta





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 10-11-2010

Durée: 1h39

 

U.S. Navet

  Le début est très prometteur : une brillante séquence de régates nous embarque dans ce que nous espérons être une histoire pleine d’embruns et de vent du large. Charlie, excellent navigateur qui a obtenu une bourse de son université, fait équipe avec son petit frère, Sam, qui semble aussi doué que son aîné. Ils gagnent la régate et un avenir plein d’espoirs s’ouvre pour ce dynamique équipage interprété par la nouvelle coqueluche californienne, Zac Efron – clone de Delon jeune – et Charlie Tahan, 12 ans.

Hélas, en fin de bobine, un accident de voiture tue le cadet et brise les projets de Charlie qui arrête net la navigation pour prendre un emploi de jardinier dans le cimetière du petit port. Tous les soirs, désormais, lorsque le canon annonce le coucher du soleil, il ira échanger des balles de base-ball avec le fantôme de Sam pour obéir à la promesse qu’il lui avait faite avant l’accident fatal.

   Le spectateur qui n’adhère pas à ce genre de situation peut quitter la salle dès maintenant car le spectacle des régates est terminé et, sur le plan cinématographique, il n’est guère compensé par le mol échange de balle au crépuscule avec le spectre de Sam. Le temps passe et les fans de Charlie souffrent de voir leur champion sombrer dans une morosité sans espoir. Une ancienne camarade d’université vient tenter sa chance car elle prépare une course à la voile en solitaire et vient solliciter quelques conseils du jeune navigateur retraité. Une love affair va-t-elle enfin tirer notre champion de sa torpeur ? L’éveil des sens sera-t-il plus fort que l’échange de balles avec le petit fantôme ? Charlie trouvera-t-il la force de trahir la promesse faite à Sam ? Cornelian situation isn’t it ?

   J’arrête là le résumé de ce roman de gare qui a connu un grand succès paraît-il, pour vous laisser découvrir le développement de cette histoire qui ménage bien peu de surprises, sauf celle-ci : au début du film, on aperçoit dans deux courtes scènes Kim Basinger dans le rôle de la mère des deux garçons, puis elle disparaît soudainement du scénario « pour aller vivre ailleurs », laissant son pauvre Charlie à son chagrin, sa solitude et sa balle de base-ball. Même apparition fugace de Ray Liotta, dans le rôle de l’infirmier qui a tenté de sauver le petit Sam et qui revient brièvement nous informer qu’il est très malade et va mourir bientôt. Avec cette méthode astucieuse, les producteurs affichent des noms de stars sur l’affiche en limitant sérieusement leur nombre de cachets. Ce procédé rappelle les feuilletonistes du XIXe siècle qui « tuaient » parfois certains personnages mais les ressuscitaient lorsque les lecteurs se plaignaient de leur disparition. Ce n’est malheureusement pas le cas dans ce film où j’aurais bien vu Charlie échanger des balles avec deux ou trois revenants de plus pour finir.