La Pivellina

Film italien de Tizza Covi

Avec Asia Crippa, Patricia Gerardi, Walter Saabel , Tairo Caroli





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 17-02-2010

Durée: 1h40

 

Vacances romaines

Au milieu de la succession épuisante de massacres, viols, matricides, et autres perversions diverses qui constitue désormais la sélection « normale » d’un festival comme Cannes (la récente Berlinale suit la même voie), se glisse parfois une perle délicate et inespérée. Cette année, elle nous attendait, comme souvent, dans la Quinzaine des Réalisateurs, offrant au public épuisé une bouffée d’humanité. Merci aux deux auteurs de cet exceptionnel miracle : Covi Tizza et Rainer Frimmel.

Dans une banlieue de Rome noyée sous la pluie hivernale, un petit cirque s’est installé. En cherchant son chien qui a disparu, une foraine découvre une fillette de deux ans, Asia, abandonnée sur une balançoire. Elle la recueille, mais ni elle ni son mari n’osent déclarer la trouvaille à la Police, espérant que la mère va se manifester rapidement. Les jours passent et personne ne vient chercher la gamine – la pivellina – qui est heureuse dans cette nouvelle famille pleine de tendresse. Tourné comme un documentaire, avec de vrais forains, le film capte miraculeusement la vie quotidienne de cette enfant et l’émotion qu’il suscite évoque souvent le Kid de Chaplin. Des notations humoristiques émaillent ce récit et le protègent d’une sensiblerie toujours à craindre. On ne sait pas comment ce couple de réalisateurs – tous deux issus de la photographie - se partage le travail, mais le résultat ne mérite que des éloges. Quelques écrans qui ont échappé à Avatar projettent courageusement ce délicat rescapé de Cannes. Dépêchez vous d’aller le voir car les pivelline sont éphémères et fragiles.