Funny People
Funny People

Film afghan de Judd Apatow

Avec Adam Sandler, Seth Rogen, Leslie Mann, Eric Bana, Jonah Hill, Jason Schwartzman





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 07-10-2009

Durée: 2h20

 

Funny ?

Judd Apatow est de retour. Après 40 ans, toujours puceau et En cloque, mode d’emploi, qui ont fait éclater le box-office aux U.S.A. (preuve évidente de l’existence des exceptions culturelles), voici Funny People sur nos écrans, où se retrouve la plupart des comédiens qui avaient assuré le succès des productions précédentes.

Bien entendu, on ne change pas une équipe qui gagne, mais pour ce nouveau film il y a une différence notable : ces People ne sont pas vraiment Funny. Dès la première bobine, le héros de l’histoire – célèbre fantaisiste qui débite des blagues dans un one man show populaire – apprend qu’il est atteint par une forme grave de leucémie. Bonjour l’envie de rire… La suite du scénario est plombée par cette épée de Damoclès malgré les efforts de toute la troupe.


Comme presque tous les auteurs (et acteurs) comiques, Judd Apatow a été tenté par le drame, genre supposé plus noble, en traitant cette situation classique du fantaisiste qui continue ses numéros comiques en dissimulant son angoisse : « Ris donc, Paillasse… » Cette courageuse ambition mérite d’être saluée car ce virage de la farce au drame donne parfois de grands résultats, tel Limelight, où Chaplin nous dépeignait la déchéance d’un clown qui ne fait plus rire. Malheureusement, Judd Apatow n’est pas Chaplin et il n’a pas choisi clairement le ton du film qu’il souhaitait faire. Entre deux chaises, il maintient l’espoir de faire rire malgré tout en faisant débiter durant 2 h 20 des plaisanteries de potaches et des salacités pour préados à ses comédiens favoris. Ce trop long bombardement d’obscénités calamiteuses ne nourrit guère l’émotion désirée, et c’est dommage. On veut bien croire que le public américain adore ce genre de spectacle où il retrouve les stars populaires de sa télévision, mais je confesse mon inculture dans ce genre de domaine, ce qui ne constitue pas un atout pour apprécier ces People comme ils le méritent peut-être.