La Maison Nucingen

Film chilien de Raoul Ruiz

Avec Jean-Marc Barr, Elsa Zylberstein, Laure de Clermont-Tonnerre, Miriam Heard, Thomas Durand, Audrey Marnay





Par Elise Heymes
 

Durée: 1h30

 

La Maison Nucingen, ou un retour aux sources pour Raoul Ruiz, comme au passé pour son personnage, compile tous les niveaux de réalité sur le même plan. Grotesque et poésie se côtoient, sans l’once d’une crédibilité cinématographique…

L’auteur William Henry James dîne avec sa femme. A la table d’à côté, on raconte son histoire, lorsqu’il gagna une demeure chilienne au poker, où il emmena sa femme malade, et où il y fit d’étranges rencontres…

Les habitants de la maison veulent rester. Vivants ou morts. Ils accueillent les nouveaux propriétaires dans un climat d’inquiétante étrangeté permanente. Se succèdent les échanges surréalistes avec des personnages singuliers (Laure de Clermont-Tonnerre file parfaitement la bizarrerie de son personnage Lotte), des scènes dominées par les chants ou les pleurs ambiants, des évanouissements sur plusieurs niveaux ; tout cela dans une atmosphère baroque ou gothique, c’est selon.  Le réel y rivalise donc avec le fantasme, le rêve, le cauchemar, puisque le romancier est entré dans une maison hors du temps. La force de ce dernier film aurait justement dû se trouver dans l’interaction entre vie réelle et fiction du romancier, quotidien et fantasme. Mais cette rêverie n’est à la hauteur d’aucun rêveur, surtout pas à celle du cinéaste. Dommage…