Étreintes brisées

Film espagnol de Pedro Almodovar

Avec Penélope Cruz, Lluis Homar, Blanca Portillo, José Luis Gomez


En sélection officielle au festival de Cannes 2009


Par Elise Heymes
 
Sortie le 20-05-2009

Durée: 2h07

 

Attentes déçues

Si, dans ce nouvel opus, l’esthétique d’Almodovar est intacte, voire plus vivace que jamais, ses Etreintes brisées se révèlent décevantes. Elles s’empêtrent dans leurs ambitions, se noient dans un lamentable pathos, et plongent dans les abîmes de leur propre complexité.

Car le cinéaste ne fait pas de choix. Désir, cruauté, amour, jalousie, possession etc, tous les ingrédients de la tragédie amoureuse s’entremêlent dans ce dernier film, placé sous le signe du double. Personnalité du personnage principal, temporalité, femmes aimées, duos de père et fils, sont autant de supports narratifs qu’Almodovar fait se répondre, se contredire, se disputer, dans une laborieuse mise en abyme du travail du cinéaste. Nonobstant le tragique de l’histoire, Almodovar veut lui ajouter son double, son pendant : la comédie. Pot pourri maladroit et mal ficelé, plutôt qu’oeuvre totale, ces Etreintes brisées forcent le rire où il y a  larmes, rage, et secrets, et triste sentiment de ratage absolu, dès que le film s’appuie sur la vitalité, l’amour, le dialogue et la révélation. Le pire, c’est peut-être qu’on y retrouve les thèmes de prédilection du cinéaste, parce que l’on est au plus loin de ce qu’il en fit dans le passé. Le pire peut-être encore, c’est le jeu de certains de ses comédiens, qui portent l’émotion à un tel  paroxysme, que l’on ne croit plus à rien…