Bellamy

Film français de Claude Chabrol

Avec Gérard Depardieu, Jacques Gamblin, Marie Bunel, Vahina Giocante, Clovis Cornillac, Adrienne Pauly





Par Elise Heymes
 
Sortie le 25-02-2009

Durée: 1h50

 

Eternel observateur de la (petite) bourgeoisie de province, Claude Chabrol
nous livre, avec Bellamy, un polar inégal. Pointu dans son souci de  l'illusion réaliste, affaibli par sa lenteur et une tendance au bavardage...

Paul Bellamy est en vacances dans la maison de famille de sa femme Françoise, à  Nîmes. Son repos est troublé par l'irruption d'un certain Noël Genty qui lui affirme avoir tué un homme et lui demande son aide. Intéressé, pris de sympathie pour le personnage, le commissaire Bellamy mène l'enquête.

Ce dernier opus de Chabrol pourrait se résumer par cette idée affirmée par  Bellamy: tuer quelqu'un, c'est aussi se tuer soi-même. Jacques Gamblin incarne en effet trois personnages dans le film: le tueur, le tué et le "survivant". Inutile de révéler plus avant cette intrigue existentielle de la quête de changement, de l'autre (et l'autre soi-même).

Mis à part de nombreuses fausses notes de jeu, où le maniérisme l'emporte  sur le naturalisme apparemment souhaité, la plupart des acteurs, depuis Depardieu (excellent, une fois de plus) à Adrienne Pauly, en passant par Marie Bunel et Clovis Cornillac (une fois n'est pas coutume) donnent corps à des personnages plus vrais que nature. Restent ces décors invraisemblables de kitch et un problème de rythme qui étire la mise en place de l'intrigue, allonge le déroulement de l'enquête et finalement expédie le  dénouement. Pas inhabituel chez Chabrol. Avec ce film, on s'éloigne toutefois du singulier Au coeur du mensonge,  plus encore de l'efficace Rien ne va plus et plus encore de l'excellente Cérémonie.