L'Etrange Histoire de Benjamin Button
The Curious Case of Benjamin Button

Film américain de David Fincher

Avec Brad Pitt, Cate Blanchett, Julia Ormond, Taraji P. Henson, Jason Flemyng, Tilda Swinton, Jared Harris, Elias Koteas





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 04-02-2009

Durée: 2h44

 

Splash back !

Après le douteux Slumdog Millionnaire, je suppose que voici un autre challenger sérieux pour les Oscars, acteurs et film étant parfaitement calibrés selon l’american taste pour triompher ce soir-là. Si les récompenses avaient un sens, il serait juste de les attribuer aux incontestables talents de ce film, à savoir les 51 maquilleurs, les 167 décorateurs et les 324 spécialistes des effets spéciaux dont l’extraordinaire travail force l’admiration, soit 542 statuettes à distribuer ! Quand défile une pareille armée sur le déroulant de fin, on se dit que les producteurs français, qui n’ont vu dans la révolution numérique qu’un bon moyen de réduire les équipes traditionnelles, n’ont vraiment pas la même approche des progrès techniques que leurs confrères U.S.

Quant au reste, attribuer le mérite de l’originalité de cette histoire à David Fincher alors qu’il s’est inspiré d’un roman de Francis Scott Fitzgerald - qui lui-même avait piqué l’idée (brillante) à l’humoriste Mark Twain - me paraîtrait un peu abusif. Je suppose que ce dernier n’imaginait pas, pour sa very short story un aussi lourd développement de deux heures 44 durant lesquelles, malheureusement, il ne se passe rien, rien de ce que cette extraordinaire vie à rebours devrait déclencher. On se prend à imaginer ce qu’un René Clair aurait tiré d’une telle situation. Du bébé petit vieux au vieillard nourrisson, Brad Pitt traîne sa triste mine et un ennui contagieux au milieu de témoins qui ne s’étonnent jamais du parcours inversé de son existence. Cette indifférence est d’autant plus anormale que ce Benjamin Button est, surtout, le seul humain connaissant précisément la date de sa mort. Cette information, pourtant capitale dans la vie d’un homme, n’inspire strictement rien au scénariste Eric Roth qui enfile les épisodes mollassons d’une existence sans intérêt, alors que Forrest Gump l’avait superbement inspiré. Non, sincèrement, l’histoire de Benjamin Button n’a vraiment rien d’étrange, mais les effets spéciaux valent le déplacement.