Cravate Club

Film français de Frédéric Jardin

Avec Charles Berling, Edouard Baer


Adaptation de la pièce de Fabrice Roger-Lacan


Par Clémentine Gallot
 
Sortie le 03-07-2002

Durée: 1h25

 

Adrien fait partie d’un club, et pour cette raison ne peut pas assister à l’anniversaire de son ami Bernard. Celui-ci va faire une fixation sur ce "Cravate" club dont Adrien lui avait caché l’existence, point de départ d’un engrenage aux conséquences dramatiques (le cravate club tourne au "  Fight club ").

L’action se concentre sur ce moment de crise: cet incident joue le rôle de déclencheur dans une amitié de routine. Pour évoluer dans leur relation les deux amis devront surmonter cette crise: aussi la dernière scène de muette observation dans une glace vient-elle comme le calme après la tempête.

Les adaptations théâtrales pour le cinéma ne datent pas d’hier, et peuvent a priori permettre à un plus vaste public d’apprécier les pièces: l’énorme succès du Dîner de cons est un exemple parmi d’autres. Cravate club a connu le succès, pendant plusieurs mois, au Théâtre de la Gaîté Montparnasse. Sa diffusion à la télévision a achevé de le faire connaître. La question du bien fondé de cette adaptation se pose donc. Au delà d’une approche un peu plus inquiétante de la pièce (dixit Edouard Baer), il semblerait que le réalisateur Frédéric Jardin (La folie douce, Les frères soeurs) n’exploite pas les possibilités supplémentaires qu’offre le cinéma par rapport à la scène. Manifestement, et malgré les efforts déployés pour multiplier les lieux de l’action, le tout reste figé et la limite des personnages engendre la monotonie. Charles Berling et Edouard Baer sont très bons, ce qui ne fait que confirmer le talent du premier et encourager le second: on sent la complicité d’un spectacle répété encore et encore, et c’est heureux, car leur duo est la clé de voûte du film. La réalisation n’apporte pas grand chose de plus: n’ayant vu que des extraits de la pièce (je n’ai aucun mal à l’imaginer), le film ne fait pas oublier les origines scéniques. Le texte paraît plus faible, amoindri par le rapport différent des comédiens au public, qui exclut toute interaction.

Peut-être la contrainte inhérente à toute pièce adaptée à l’écran est de se défaire de l’impression figée. On aurait pu se passer de cette adaptation peu inventive et beaucoup moins brillante que, par exemple, Un air de famille.