Elève libre

Film français de Joachim Lafosse

Avec Jonas Bloquet, Jonathan Zaccaï, Yannick Renier, Claire Bodson





Par Elise Heymes
 
Sortie le 04-02-2009

Durée: 1h45

 

Avec Nue propriété (2007),  Joachim Lafosse mettait en scène une guerre fratricide. Les personnages d’Elève libre sont aussi en guerre. Ils se débattent, à travers la sexualité,  entre les frontières de leurs personnalités, de ce qu’ils peuvent, ou pas, admettre et dépasser. Un troisème film plus que convaincant…

Jonas veut devenir tennisman. Mais ses résultats scolaires ne lui permettent ni de passer dans la classe supérieure, ni de redoubler dans son établissement. Ses amis, Pierre, Didier et Nathalie, bien plus âgés, décident d’encadrer sa préparation aux examens en élève libre. Ils vont profiter de cette proximité pour l’initier à la sexualité, jusqu’à le dérouter …

Jonas, qui est au sortir de l’adolescence, entre innocence et désir de mûrir, se voit contrarié dans ses projets d’avenir. Ses trois amis, menés par Pierre, l’intellectuel paternaliste, vont profiter de cet échec et de ce chaos intérieur, pour l’emmener exactement là où ils veulent : sous prétexte de l’aider, ils en font l’objet de toutes leurs attentions : un objet sexuel. Et Jonas de cheminer, depuis l’envie d’expérimenter l’inconnu et de goûter au plaisir, jusqu’au dégoût et au mépris de celui qu’il accuse d’avoir abusé de lui.
Joachim Lafosse revisite ainsi le jeu de l’initiation et la dynamique relationnelle du maître et de l’élève. Il donne à penser, avec Jonas et Pierre, deux lectures possibles de cette tension : où l’élève devient esclave, d’abord, parce qu’il ne sait rien. Elève libre ? Il reste à Jonas de le prouver par la réussite de ses examens scolaires. Où le maître est dépassé par son propre désir, ensuite, qui le fait transgresser les limites de l’élève, alors même qu’il croit ou veut croire que son élève assume tout. Mais Jonas outrepasse également la limite de son maître en l’accusant de l’avoir abusé. Histoire d’une simple initiation ? Histoire d’une grande manipulation ? En tout cas, le maître devient l’accusé et l’élève dépassera ses propres limites, qu’il ait été une victime, ou une « pute », un « opportuniste »…