Joy Division

Film anglais de Grant Gee

Avec Ian Curtis, Bernard Summer, Peter Hook, Stephen Morris, Tony Wilson,





Par Elise Heymes
 
Sortie le 28-01-2009

Durée: 1h31

 

Frappé à l’âge de 15 ans par sa découverte de l’album Unknown pleasures, Grant Gee éprouve le sentiment de la perte de son adolescence, lorsque meurt Ian Curtis. Directeur de la photo, réalisateur de clips, il a aussi été professeur de géographie. Porté par cette passion pour le sens de l’espace, Grant Gee relève brillamment le défi de raconter l’histoire de Joy Division à travers l’évolution de la géographie urbaine de Manchester. Il réalise un film où l’intelligence se double d’émotion.

En 1976, quatre jeunes hommes issus de la post-industrielle Manchester assistent à un concert des Sex Pistols. Fortement inspirés par ce show, ils montent un groupe: Joy Division. 30 ans plus tard et malgré la tragique disparition de leur leader, qui les a fauchés dans leur élan, leur musique connaît toujours plus de succès; elle influence en effet encore énormément la pop et le rock des années 2000.

Film musical et graphique en ce qu’il interprète visuellement Manchester, superposant aux briques rouges de la ville anglaise, des effets visuels comme rythmés par la musique de Joy Division, le documentaire de Grant Gee est une élégante relecture de la vie du groupe. Il multiplie les interviews des musiciens et des proches du groupe, et de spécialistes. Le cinéaste nourrit donc son film comme l’on étaye un scénario de docu-fiction à l’aide d’imprévus, faisant la part belle aux rebondissements, sans jamais tomber dans le sensationnel ou la sordide révélation. Et il parvient à dresser le portrait de l’absent, Ian Curtis, encouragé par la tendresse des souvenirs qu’il convoque auprès des uns et des autres. Les archives apportent l’oeuvre, tandis que les témoignages donnent à entendre la vie.
Mais comme le dit lui-même Grant Gee, on n’a pas fini d’explorer la vie et l’oeuve de Ian Curtis, tant il reste de textes inédits de lui, conteur et poète à ses heures perdues.
Artiste comme possédé, Ian Curtis est marqué au sceau de la fulgurance. La puissance de ses textes, la force révolutionnaire de la musique de son groupe, toute l’originalité de leur art transpire de ce documentaire, où la modernité fait rage sur tous les plans.