Il Divo

Film italien de Paolo Sorrentino

Avec Toni Servillo, Anna Bonaiuto, Giulio Bosetti





Par Elise Heymes
 
Sortie le 07-01-2009

Durée: 1h58

 

Sur une petite musique…politique

Le dernier film de Paolo Sorrentino est aussi efficace techniquement, que son personnage, Il divo, est immuable.  Le cinéaste use habilement du mouvement et du rythme, pour mener ce bal des masques, où Giulio Andreotti joue à conserver le sien, coûte que coûte.

Député, Ministre, Président du Conseil des Ministres, Sénateur ensuite, Giulio Andreotti a près de 70 ans et une carrière politique dense derrière lui, quand commence au début des années 90, le procès qui le met en cause, pour des liens supposés avec la mafia. Et c’est égal à lui-même, impassible, qu’il traverse cette crise, non plus seulement gouvernementale, politique, mais aussi personnelle.

Sorrentino le fait passer à travers l’agitation perpétuelle et les jeux d’apparence qui se jouent autour de lui, comme un homme se glisse dans une salle de bal, au milieu de la foule, droit comme un I et sûr de sa personne. Inoxydable face à la violence toxique qui l’environne, il va incessamment de l’Etat à l’Eglise et vice-versa. Seul entre tous, ses gestes sont autant de signes que l’on décrypte, tant on le craint.  Quand il ne confesse pas ses abus de pouvoir, il assimile froidement les morts qui s’accumulent. 

Sorrentino réalise ses plans à l’image de cette souplesse intérieure, masquée dans un corps raidi par le contrôle. Tirant parti de la performance physique de son comédien, il chorégraphie le plan, synchronisé avec une bande-son endiablée. Tantôt rock, tantôt baroque, Il Divo a pour seul défaut de perdre en fluidité  à mesure que progresse l’intrigue. Sans doute parce qu’à trop penser le traitement, le scénario a été négligé.