Better Things

Film anglais de Duane Hopkins

Avec Rachel McIntyre, Emma Cooper, Lian Mcllfatrick, Che Corr, Freddie Cunliffe





Par Elise Heymes
 
Sortie le 21-01-2009

Durée: 1h33

 

Pour le meilleur et pour le pire

Avec Better Things, le cinéaste britannique Duane Hopkins signe une oeuvre au romantisme délicat. Un brillant passage au long métrage, qui laisse présager une belle cinématographie à venir.

Duane Hopkins nous plonge au sein d’une communauté rurale anglaise, de nos jours.  Il nous y fait suivre les trépidations des coeurs, jeunes ou vieux. Tous en quête de l’autre et de son amour ou dans le don d’eux-mêmes, Gail, Rob, David, Jon, Mr et Mrs Gladwin luttent contre la difficulté d’aimer au quotidien et pour renforcer les liens qui les unissent souvent à la vie, à la mort…

L’originalité du propos de Duane Hopkins est de sonder l’amour à travers la métaphore de la drogue et de la dépendance, l’addiction. Il va plus loin : il fonde son film sur le thème du lien, alors même qu’il a choisi un montage basé sur la dislocation et la contradiction. Parti de 150 scènes écrites et d’une première version montée de plus de 2 h30, il a finalement dépouillé son film du scénario, il l’a évidé, jusqu’à n’en conserver qu’une substantifique trame thématique. Il a choisi de dé-dramatiser et c’est sa recherche visuelle, picturale qui donne sa chair au squelette narratif. Voilà un cinéaste qui fait confiance à l’image.

S’inspirant du travail du photographe George Shaw, où il aime à voir  des atmosphères fantômes, présentes, sans être montrées, ou encore du Romantique anglais Henry Wallys, Duane Hopkins étire sa photo entre réalisme et onirisme mortifère. Amour, espoir, nature et mort s’unissent dans un jeu visuel tout en demi-teintes. Jusqu’à cette dernière séquence, où le Romantisme s’affirme une dernière fois, dans le souffle d’une lumière renaissante.

A l’absurde et à la douleur de l’amour dans lesquels il plonge ses personnages malades d’aimer, le cinéaste répond par un montage qui fait à la fois sens et mystère. Ne laissant surtout rien s’installer de façon linéaire et en jouant des tensions qui opposent deux images ou deux séquences s’enchaînant, les faisant se contredire, il créé une dynamique paradoxale. Ses personnages vivent l’absurde, alors même qu’ils se veulent dans le sens, dans leur quête de l’autre. Ils veulent ou disent une chose et vivront finalement son contraire. Ce procédé qui répète le processus même de l’intoxication à la drogue, comme au sentiment, tend à dépeindre l’amour comme une souffrance. Et ce choix de jeunes gens, auxquels semble répondre le couple âgé, permet de filer la relation amoureuse, comme sur toute une vie, où se jouent fatalement fusion et séparation.

Ce film à la beauté aussi discrète que bouleversante s’affirme comme un humble chef d’œuvre particulièrement contemporain…