Et après

Film français de Gilles Bourdos

Avec Romain Duris, John Malkovich, Evangeline Lilly, Pascale Bussière, Reece Thompson





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 14-01-2009

Durée: 1h47

 

Film palliatif

Oui : et après ?… On aimerait bien savoir ce qui nous attend, surtout après 1h 47 de projection. Malheureusement, on n’est guère plus avancé lorsque la salle se rallume. Après le huis (presque) clos d’« Inquiétudes » (2004), Gilles Bourdos a éprouvé le nécessaire besoin de s’aérer et on ne lui en fera pas le reproche.


Il a sorti sa caméra du studio pour capter de ravissants paysages lacustres, des prairies idylliques enneigées de flocons végétaux ou d’effervescentes rues new-yorkaises reflétées par les façades vitrées : le réalisateur a le goût des images, ce qui n’est pas un défaut majeur lorsqu’on choisit le cinéma comme moyen d’expression.
Malheureusement, l’histoire est moins convaincante, pour ne pas dire opaque. L’influence de l’univers paranormal cher à M. Night Shyamalan semble avoir contaminé ce projet. Le scénario se prend terriblement au sérieux et voudrait traiter la précarité de la vie, l’obsession de la mort, rechercher le contenu philosophique qui nous élève au-dessus du quotidien et nous indiquer comment, enfin, affronter l’inéluctable en surmontant nos peurs dans la joie d’exister au-delà, aboutissement espéré de ce récit initiatique… Ouf ! Vaste programme que le sombre Romain Duris – en avocat bilingue - et le chafouin John Malkovich – en inquiétant médecin doté de prescience - tentent d’appliquer. Les amateurs de ce genre d’histoire qui mêle la Vierge Marie aux phénomènes supranaturels pourront y trouver leur compte, mais la conclusion de ce récit alambiqué est loin d’être aussi brillante que la fin du « Sixième sens ».
Pour finir d'emmêler les pistes mystérieuses, soulignons l’insolite aspect « Canada dry » de cette entreprise tournée en anglais, à New-York, avec une majorité d’acteurs américains : le film ressemble bien à un film made in U.S.A., mais c’est une production totalement française. Bel exemple de délocalisation qui a, au moins, le mérite de donner du travail à nos techniciens sur un territoire habituellement d’accès difficile.