Aller simple pour Manhattan

Film français de Michel Ferry

Avec Jeremy Covillault, Sarah Zoé Canner





Par Laurence Bonnecarrère
 

Durée: 1h18

 

Guimauve in the city


Michel Ferry (qui a réalisé un premier film en 1996, Hantises) partage sa vie entre Paris et New York. D'où l'idée de filmer Manhattan, en s'inspirant vaguement de sa propre histoire. On apprendra ainsi qu'un Français incrusté à New York n'est qu'un émigré (qui l'eût cru ?) et que les lois régissant l'émigration sont très cruelles aux Etats-Unis (quels sauvages ces Américains!).


Voilà pour le décor : une ville somptueuse, peuplée de créatures de rêve qui circulent en rollers et qui sont " ouvertes ", sexuellement et sentimentalement, " à toutes les options ". Car les mâles américains, disponibles et normalement constitués (& rare ces temps-ci comme le savent ceux qui suivent Sex and the city à la TV (j'en profite pour recommander cette série à ceux qui ne la connaissent pas encore. Mille coudées au-dessus du film culcul qui fait l'objet du présent article. A vrai dire, aucune comparaison possible !!!).

Partant de là, il fallait concocter une pseudo-intrigue pour justifier le film (c'est-à-dire le décor). New York se prête une fois de plus avec complaisance, quoique sans coquetterie, à l'exercice. Pour ceux qui ne s'en lasseront jamais (c'est mon cas), les vues de Manhattan, via ses jardins suspendus, avec ses recoins insolites, ses ciels et ses nuits magiques, viennent agréablement compléter les aperçus de la même ville vue d'en bas dans La famille Tenenbaum. Le film a été tourné en DV (plus de légèreté, de mobilité&

Il n'y a qu'un problème : c'est la soi-disant histoire. Voici un jeune Français, sans aucun charme particulier, qui ramasse des crottes de chien pour survivre en attendant un improbable visa. Et voici Zoé, sublime New-Yorkaise, talentueuse (elle est peintre), ambitieuse (elle termine des études de droit, pour assurer ses arrières), riche (elle vit confortablement à Manhattan) et courtisée par de séduisants yuppies (c'est naturel).
Qu'est-ce qui va se passer ? Je vous le donne en mille. Cette exquise créature va succomber aux charmes irrésistibles du ramasseur de crottes.
Normal : il est français, et en plus il lui fait découvrir le camembert au lait cru (sans compter le reste&

Je signale au passage que, sur le même thème, Carte verte, de Peter Weir, avec Depardieu et Andy Mac Dowell, était autrement plus enlevé, quoique sans complaisance sur le chapitre des charmes d'un frimeur de Français.

En attendant, allez plutôt admirer le New York de Wes Anderson, nettement plus décapant, en attendant celui de Edward Burns (Rencontre à Manhattan), le 10 avril.