Blade II

Film mexicain de Guillermo Del Toro

Avec Wesley Snipes, Kris Kritofferson, Ron Perlman


Interdit aux moins de 12 ans


Par Christophe Chauvin
 
Sortie le 19-06-2002

Durée: 1h55

 

" Les ennemis de mes ennemis peuvent devenir mes alliés … " : c’est ce que semble nous dire Wesley Snipes dans ce nouvel opus esthétiquement différent du premier mais tout aussi sanglant et divertissant. Âmes sensibles s’abstenir !

Vu pour la première fois dans un comics Marvel (décidément, après X-Men et Spider-man, ça n’arrête plus !) intitulé Tomb of Dracula, Blade, héros mi-homme mi-vampire, a connu son heure de gloire lors de l’adaptation sur grand écran de la BD par Stephen Norrington en 1998. Et, succès oblige à Hollywood, voilà la suite !

Né juste après que sa mère ait été mordue par un vampire, Blade dit le " Daywalker ", possède toutes les forces des vampires mais aucune de leurs faiblesses. Il les traque inlassablement mais doit, cette fois-ci, s’associer avec eux pour combattre des êtres encore plus forts : les Reapers, sorte de sangsues mutantes, brutales, monstrueuses et carrément flippantes !

Multipliant les rebondissements souvent inattendus, le scénario est plutôt bien ficelé et réussit à dérouter le spectateur. On ne sait plus trop qui est avec qui dans ce méli-mélo de personnages et c’est tant mieux ! Laissant néanmoins la part belle à l’action, les combats s’enchaînent avec une virtuosité toujours plus poussée : en privilégiant les combats de rue (superbement chorégraphiés) à base de kung-fu aux effets (pyro)techniques à la Matrix, Guillermo Del Toro arrive à combiner à la fois le côté spectaculaire et le réalisme. Toujours très violent et stylisé au maximum, Blade II est, en revanche, beaucoup plus sombre et morbide que le précédent. Au style sophistiqué, high-tech du premier, succède une esthétique plutôt gothique, assez proche de la bande dessinée ou de l’animation japonaise. La techno laisse également place au rock métal frénétique.

On sait que depuis son premier long métrage Cronos (Prix de la Critique à Cannes 1993), Guillermo Del Toro s’est imposé comme un réalisateur-scénariste très novateur, dans la lignée du surdoué Alejandro Amenabar. Touchant toujours au fantastique, le metteur en scène mexicain s’éloigne ici de la sobriété de son Échine du diable par le côté outrancier et gore de l’entreprise, mais renoue avec son deuxième film, Mimic, en donnant une teinte très claire-obscure au film : la plupart des scènes se déroulent en effet dans une atmosphère d’angoisse, une ambiance souterraine, très crade, qui rappelle les grands films de terreur, genre Alien !

Blade II est donc un pur film de divertissement, très noir et effrayant, qui ne lésine vraiment pas sur l’hémoglobine !