L'auberge espagnole

Film français de Cédric Klapisch

Avec R. Durys, J. Godrèche, C. de France, A. Tautou…





Par Eric Dagiral
 
Sortie le 19-06-2002

Durée: 2h

 

Xavier est étudiant en DEA de sciences économiques - comme ça arrive à bon nombre de personnes -, il a des parents, une copine, et il pense à la suite : un travail, un vrai, c’est-à-dire un poste convenable, merci papa. Pour ce faire, le passage obligé consiste en un séjour en Espagne, pour études donc, le temps d’une année universitaire. Ce sera Barcelone.

Bon choix. Un peu contraint, hésitant, Xavier manque d’air (il ne le sait pas encore). Des études, il sera peu question (simple formalité). Les tribulations du jeune homme, ses rencontres avec les filles (et surtout la femme, Judith Godrèche) ainsi que la cohabitation avec des colocataires venus de toute l’Europe constituent la trame du film. Aimer Audrey Tautou à distance s’avérera vite impossible, trop de tentations ; il y a tant à apprendre et à chercher ici, au milieu de toute cette vie.

Klapisch jongle avec les clichés, les rites, les relations et raconte la (sur)vie en communauté dans un appartement partagé à 7… Tout ceci sur un rythme soutenu, qui parvient à ménager une belle place à la douce mélancolie du héros ordinaire, c’est là toute la réussite du film, tour à tour drôle et léger, puis plus grave (Xavier pleure parfois, rêve souvent). L’exil, le dépaysement et la fête, et aussi la vue des problèmes des autres, lui donnent le loisir de penser un peu à sa vie. Xavier est jeune, issu d’un milieu favorisé, français, vers 2002, cela ne fait pas de doute il fait figure de symptôme. D’autres, un peu partout en Europe, lui ressemblent. Il est impossible de ne pas penser à la distance qui sépare le personnage de Romain Durys dans " L’auberge espagnole " de celui de Tomasi, campé à la fin des années soixante, période troublée s’il en est. Entre 1968 et 2002, ce péril jeune s’est bien atténué. Point de péril en DEA de sciences économiques. Tant qu’on s’y accroche.