Le Silence de Lorna

Film belge de Jean-Pierre et Luc Dardenne

Avec Arta Dobroshi, Jérémie Rénier, Fabrizio Rongione





Par Elise Heymes
 
Sortie le 27-08-2008

Durée: 1h45

 

Les Frères Dardenne nous proposent de nouveau une tragédie sociale, mais avec moins d’inspiration que par le passé.  Encore de jeunes victimes d’un système qui tue ; une marge obscure, où la vie humaine ne vaut pas grand chose…

Film noir, ce  Silence de Lorna  traque l’intime chez une jeune femme d’origine albanaise prise dans le piège des mariages blancs en Belgique. Ces dessous de l’Europe, où son petit ami passe par ailleurs une heure dans un réacteur pour mille euros, non sans risque, sont une mine pour les cinéastes. Mais si dense ou labyrinthique que soit leur sujet, le scénario est comme décharné.

Pourtant le jeu est incarné ; les deux comédiens principaux défendent bec et ongles leurs personnages. Leur duo fonctionne, malgré son côté complémentaire à l’extrême : elle est aussi roide d’orgueil et de détermination, qu’il est fléchi par la drogue. L’immigrée croit n’avoir rien à perdre, le camé supplie pour guérir. Le silence de Lorna autour de la mort de son jeune mari « blanc » va la changer. Elle sera acculée, donc abaissée à son tour. Traquée par la caméra, trop centrée sur elle pour que respire le film et que s’impose le réel. Ce dernier semble écarté par les frères Dardenne lorsque ils optent pour  la folie de leur héroïne. Le délire n’est pas une fin en soi, ni seulement un effet, c’est un passage à côté… de la réalité, pour la supporter. Une ultime force de dénonciation sans doute, mais qui sonne creux.