Downhill city

Film finlandais de Hannu Salonen

Avec Teemu Aromaa, Franka Potente, Andreas Brucker.


Grand prix du jury au Festival Premiers Plans d’Angers 2000


Par Claude Gallot
 
Sortie le 12-06-2002

Durée: 1h40

 

Hannu Salonen, cinéaste finlandais, a appris la mise en scène à la German Films de Berlin. Il réalise son premier long métrage dans cette ville, où il a peut-être galéré.

Portrait de groupe, comme on dit en peinture : six individus vont se croiser au gré de péripéties qui tournent autour de la survie en milieu hostile (la grande ville, les squatts, les jobs improbables, la déglingue à tous les niveaux). Fabian, écrivain, livreur de pizzas alcoolo ; Peggy, jolie danseuse, serveuse dans un fast-food ; Sasha, jeune délinquant tout juste sorti de prison ; Artsi, musicien finlandais employé au tri des ordures ; Doris, bourgeoise en rupture conjugale ; et Hans, élève boxeur, abruti de jeux vidéos.

Du premier au dernier plan, le monde qui nous est montré est glacial. Seul espoir : la solidarité, la chaleur humaine, l’amitié, l’amour. Le réalisateur se tient très près du documentaire ou du cinéma-vérité, sans esbroufe. Il y a une vraie modernité dans sa manière de filmer avec des moyens légers. Par l’utilisation des néons des lieux publics il crée un sentiment de solitude qui évoque les ambiances du peintre américain Edward Hopper ( constat plus que volonté esthétique). Manifestement, Hannu Salonen aime ses personnages, peut-être font-il partie de sa vie ? Ils sont incarnés par des acteurs inconnus, qui fournissent une réalité supplémentaire à cette histoire vraie ou inventée.

Salonen veut-il nous dire que la jeunesse est dans l’illusion et que la réalité impitoyable ne cesse de se rappeler à son souvenir ? Ce message pessimiste nous montre surtout que nos sociétés capitalistes traitent leurs artistes comme des moins que rien. Le constat est peut-être autobiographique. La musique composée par le groupe 22 Pistepirkko (qui joue dans le film) contribue à créer un climat d’énergie mélancolique. Downhill city pourrait être seulement un sinistre constat d’échec s’il n’y avait, chez ces jeunes, une énergie quelquefois casse-gueule, mais qui sublime tout.

Une tranche de vie s’est invitée dans notre inconscient, c’est-à-dire, sans qu’on se rende compte immédiatement à quel point elle a été initiatique pour nous aussi. Un bon film peut aussi faire réfléchir.