Eldorado

Film belge de Bouli Lanners

Avec Bouli Lanners, Fabrice Adde


Compétition Quinzaine des réalisateurs, Cannes 2008


Par Laure Becdelièvre
 
Sortie le 18-06-2008

Durée: 1h25

 

Roulez détresse !

Après un premier long métrage, Ultranova, très remarqué en 2005, le comédien et réalisateur belge Bouli Lanners rempile avec un film aussi tendre que déjanté. Présenté à Cannes lors de la 40e Quinzaine des réalisateurs, Eldorado impose un style, un auteur, une âme. Une réussite.

Eldorado naît de la rencontre improbable de deux loosers qui auraient pu être frères et qui rejouent, embarqués dans la même galère, la relation édénique qu’ils ont perdue. L’un, Yvan, le cow-boy fatigué contemplatif, prend l’autre, Elie-Didier, le jeune paumé ahuri qui s’était pris pour un cambrioleur, sous son aile. N’ayant à première vue rien à partager, tous deux se révèlent nostalgiques de l’enfance, des joutes verbales insignifiantes, des travellings latéraux qui font glisser la route au son country-rock des vieilles américaines.

A la faveur d’une photo ciselée comme un tableau et de situations décalées qui font se côtoyer, au dire même de l’auteur, « l’infiniment triste » et « l’infiniment stupide », Bouli Lanners nous entraîne dans la poésie douce-amère d’une Belgique aux couleurs de Far West. Une tranche de vie simple et terriblement émouvante, sans autre prétention que de peindre la fragilité du réel. On en redemande.