Agnus dei

Film argentin de Lucia Cedron

Avec Leonora Balcare , Mercedes Moran, Jorge Marrale, Malena Solda, Juan Minujin





Par Elise Heymes
 
Sortie le 07-05-2008

Durée: 1h30

 

Trois générations se côtoient autour de l’Agnus dei de Lucia Cedron. Histoire d’un sacrifice donc, occulté par les non-dits ; histoire de deux femmes, mère et fille plongées malgré elles dans un passé que la cinéaste expose à la lumière, distillant subtilement l’émotion, sans jamais verser dans le pathos… Un premier film attachant.

En 2002, Arturo est enlevé à Buenos Aires. Ses ravisseurs contactent sa petite fille de trente ans, Guillermina, pour lui demander une rançon. Celle-ci invite alors sa mère, la fille d’Arturo, installée depuis 1978 à Paris, à la rejoindre en Argentine. Elles vont tenter de réunir l’argent nécessaire à la libération d’Arturo.

Lucia Cedron travaille la distance et la proximité unissant le portrait de ces deux femmes. Toutes deux revivent l’épisode douloureux qui tua leur mari et père. Tandis que le passé afflue, que le temps du souvenir irradie les lieux du présent, Guillermina retrouve l’innocence de l’enfant qu’elle fut, protégée par l’amour et le silence des siens. Teresa, elle, se remémore, avec douleur, les événements qui découlèrent d’actions menées par la Junte. D’abord éloignées par le secret, les deux femmes cheminent, à mesure que le film progresse, vers une vérité commune. Derrière le mystère de la mort de son père, Guillermina en découvrira un autre, concernant son grand-père…

Lucia Cedron soumet ses personnages à des temporalités contraires. La mère est happée par un passé qu’elle n’est pas prête à oublier. La fille est d’abord toute entière tendue vers le futur proche, suspendue aux communications téléphoniques que lui accordent les ravisseurs, bien résolue à sauver son grand-père. Le film se fait fil, à l’image des agneaux qui le ponctuent symboliquement. Le loup égaré, la raison du plus fort s’en trouve caduque. Commence alors le temps du pardon…