In the bedroom

Film américain de Todd Field
Adaptation d'histoires écrites par André Dubus

Avec Sissy Spacek, Tom Wilkinson, Nick Stahl et Marisa Tomei


19 nominations et 19 prix (dont meilleur film, meilleur acteur, meilleures interprétations féminine et masculine) dans différents festivals (Oscar, Golden Globe, Sundance…) dans le monde entier.


Par Marina Klimoff
 
Sortie le 12-06-2002

Durée: 2h11

 

Les Flower vivent dans une petite ville de la Nouvelle-Angleterre, au bord de la mer. Dans cette communauté repliée sur elle-même, ils représentent des notables. D'une certaine façon, ils incarnent les valeurs de l'Amérique profonde. Mais la vie de cette famille bien tranquille, à la suite d’un drame, va basculer...

Au début, on n’est pas très emballé par l'histoire de cette famille, dont le fils (Nick Stahl) sort avec une femme (Marisa Tomei) qui a deux enfants, et dont l'ex (William Mapother) cherche des histoires. Zut ! Sujet déjà traité des dizaines de fois ! Mais l’ introduction du drame familial très rapidement, au tiers du film, change la donne : et l’on voit tout de suite que l'on a affaire à autre chose qu'à une simple histoire d'amour. Donc, scénario remarquablement construit. Toute l'attention du film se porte alors sur les réactions des parents, face à la disparition de leur fils. Et à partir de ce moment-là, tout change. L'ambiance est plus froide, on vit plus la nuit que le jour, la couleur passe du jaune-orangé des forêts au bleu de la nuit. La mise en scène est plus lente, laissant place au silence des plans et des acteurs. Les parents s'aiment, puis se détestent (qui est le responsable de cette mort ?), pour enfin se pardonner et s'adorer encore. A l’occasion de ces moments de confrontation, dont personne ne sort vainqueur, le duo d'acteurs (Sissy Spacek et Tom Wilkinson) forme un couple fort . Ils semblent prêts à assumer leur vie future. Mais la déchirure psychologique est telle qu'ils ne résisteront pas à la tentation du mal.

La fin est très réussie. On passe du lent au très lent, ce qui d’une certaine manière augmente la pression que le spectateur a pu subir durant les 30 dernières minutes, tout en baissant la tension du film. Des sensations comparables à celles qu’a pu susciter "American Beauty" resurgissent, laissant place au malaise du spectateur.

Todd Field signe ici un premier long métrage intéressant et touchant. Avec une mise en scène presque parfaite, un scénario béton, et des acteurs au sommet de leur art, ce réalisateur affiche un avenir prometteur. Avec sa brochette de prix et une critique enthousiaste, il créa la surprise de l'an dernier aux USA. Il ne manque plus qu'un bon accueil de la part des Français, pour que ce réalisateur débute une carrière internationale à suivre...