Actrices

Film français de Valeria Bruni-Tedeschi

Avec Valeria Bruni-Tedeshi, Mathieu Amalric, Valeria Golino, Luis Garrel, Noémie Lvovsky


Un Certain Regard : Prix spécial du jury 2007


Par Henri Lanoë
 
Sortie le 26-12-2007

Durée: 1h45

 

La vie en névrose

Nous sommes dans le milieu des comédiens de théâtre et la trop fragile Marcelline s’apprête à répéter « Un Mois à la Campagne » sous l’autoritaire direction de Denis, metteur en scène inspiré qui alimente ses névroses. Mais la profonde hantise de l’actrice, c’est surtout d’avoir quarante ans et toujours pas d’enfant. Cette obsession lui pourrit une existence qui bascule progressivement vers des hallucinations où elle finit par rencontrer son père mort et même la « véritable » Nathalia Petrovna, héroïne de la pièce.

Non, il ne s’agit pas d’un film inédit d’Ingmar Bergman interprété par Liv Ullman, mais d’une astucieuse tragi-comédie de Valeria Bruni-Tedeschi qui parvient à faire rire avec ces situations pathétiques. Après le très personnel Il est plus facile pour un chameau…, où elle jonglait déjà avec le mélange des genres, Valeria Bruni-Tedeschi puise à nouveau dans sa vie les éléments qui constituent la trame de son deuxième film, sélectionné et primé cette année par Un Certain Regard, à Cannes. On pourrait chipoter sur la permanence « pauvre petite fille riche » du personnage, mais l’autobiographie a ses contraintes et Valeria n’est vraiment pas responsable de ses origines.

Spécialiste des rôles border line, elle incarne parfaitement cette comédienne fragilisée par son horloge biologique, le rôle de Nathalia Petrovna et ce dictateur de la mise en scène qu’interprète l’excellent Mathieu Amalric. Ce thème de la maternité tardive est assez présent dans le cinéma actuel, comme l’était celui de la recherche du père inconnu il y a peu. Tous ces éléments qui devraient donc déboucher sur un drame sont habilement désamorcés par l’humour des situations et les capacités d’autodérision de notre réalisatrice/actrice. On peut seulement regretter, comme souvent, une incapacité des auteurs à faire des allègements nécessaires dans ce récit trop riche qui aurait certainement gagné à perdre une grosse poignée de minutes.