Elizabeth: L'Age d'Or
Elizabeth: The Golden Age

Film anglais de Shekhar Kapur

Avec Cate Blanchett, Clive Owen, Geoffrey Rush, Abbie Cornish





Par Laure Becdelièvre
 
Sortie le 12-12-2007

Durée: 1h54

 

Dans la fleur de l’âge

Second volet de ce que Shekhar Kapur rêve comme une trilogie, Elizabeth : L'Age d’Or retrouve, dix ans près le somptueux Elizabeth, une Cate Blanchett dans la fleur de l’âge et de son talent. Cette fois, la reine Elizabeth Ire d’Angleterre doit faire face au complot qui rendit funestement célèbre Marie Stuart et signa la fin des grandes ambitions évangélistes de Philippe II d’Espagne. Un film inégal, mais qui couronne une Cate Blanchett plus rayonnante que jamais.

Elizabeth : lL'Age d’Or est par moments un film grandiose, superposant en un mystique contraste ses costumes flamboyants et ses décors d’un dénuement baroque. C’est dans ce cadre favorable qu’émerge la charismatique et singulière Cate Blanchett, dont chaque plan contribue à façonner le mythe.

Mais, trop souvent, le film hésite entre la fresque historique et le portrait intime. A force de ne pas choisir, c’est de façon anecdotique et superficielle que Shekhar Kapur aborde l’un et l’autre front. Si l’art et la manière du réalisateur parviennent à magnifier ses scènes historiques, il s’enlise aussi parfois dans la dialectique manichéenne du combat du bien contre le mal, de la lumière contre les ténèbres, que le jeu de Cate Blanchett ne réussit pas toujours à venir nuancer. Quant à l’histoire d’amour, elle reste bien pâle, à l’image de ses deux protagonistes tiers (Clive Owen et Abbie Cornish) dont on sent presque la frustration de ne pas être sondés davantage.

Si certains drames historiques pèchent par leur longueur soporifique, Elizabeth : lL'Age d’Or aurait sans doute gagné à assumer la somme de ses intentions, en les dépliant plus patiemment dans le temps du film. L’intrigue psychologique aurait gagné en maturité, et l’intrigue politique en clarté. On a ici l’impression que Shekhar Kapur, dans sa hâte de nous dévoiler son final, en a oublié de s’attarder dans quelques digressions utiles – et dans le temps dilaté de l’inutile. Qui fait la sublimité des grands destins. Et des grands films.