Le metteur en scène de mariages
Il regista du matrimoni

Film italien de Marco Bellocchio

Avec Sergio Castellito, Donatella Finocchiaro, Sami Frey, Gianni Gavina, Maurizio Donadoni, Bruno Cariello


Sélection


Par Henri Lanoë
 
Sortie le 22-08-2007

Durée: 1h40

 

Gai, gai, marions-nous

Après un prélude pré-soixante-huitard fracassant avec Les Poings dans les Poches (1965) qui durera jusqu’à Au nom du Père (1972), Marco Bellocchio a traversé une longue période où l’exceptionnelle violence de ses débuts a paru muselée par les contingences du cinéma commercial. Mais depuis quelques années, l’Ora di Religione (2OO2), Buongiorno Notte (2004) et, aujourd’hui, Il Regista di Matrimoni nous prouvent qu’il n’a pas abandonné ses cibles favorites et n’a rien perdu de son talent. On peut regretter qu’un cinéaste aussi intéressant voit son dernier film distribué dans les salles désertées du mois d’août malgré une sélection à Cannes en 2006 : comme quoi on n’est jamais tiré d’affaires dans ce métier.

Franco Elica, célèbre réalisateur, assiste à contrecoeur au mariage de sa fille avec un catholique fervent. Il prépare une nouvelle version de I promessi Sposi (les Fiancés) d’Alessandro Manzoni, célébrissime roman classique qui est aux Italiens ce que sont les Misérables aux Français. Durant le casting pour trouver l’héroïne, il est menacé d’une plainte le concernant et fuit se réfugier en Sicile. Il va y rencontrer :
- un cinéaste amateur qui vit des vidéos de mariages qu’il réalise.
- un vieux réalisateur aigri qui a répandu la fausse nouvelle de sa mort en espérant obtenir - enfin - un hommage posthume.
- et le Prince de Palagonia, désargenté mais artiste, qui le charge de filmer le mariage de sa fille. Le hic c’est que Franco Elica tombe amoureux de la fiancée (qui connaît par coeur I Promessi Sposi) et réciproquement… Mamma mia !

Ce scénario, brillant mais souvent confus, est servi par une réalisation nerveuse qui enchaîne avec virtuosité les séquences sur les vertiges de la création artistique. Sergio Castellito, parfait en metteur en scène à problèmes, mène la troupe de comédiens qui incarnent cette fable où l’on retrouve Sami Frey qui a gardé son physique de condottiere mais a perdu sa voix au charme si particulier, inconvénient de la coproduction. Enfin, oubliez ce détail et tentez de sauver ce film abandonné qui agonise encore dans quelques salles de Paris et périphérie.