La fille coupée en deux

Film français de Claude Chabrol

Avec Ludivine Sagnier, François Berléand,Benoît Magimel, Mathilda May, Caroline Sihol





Par Laurence Bonnecarrère
 
Sortie le 08-08-2007

Durée: 1h55

 

Une spéctatrice coupée en deux

Ludivine Sagnier est Gabrielle Deneige, une jeune présentatrice d'une chaîne de TV lyonnaise promise à un avenir médiatique flatteur. Séduite par un antipathique écrivain libertin (François Berléand), elle est abandonnée, puis consolée par un jeune rival du cru, milliardaire agité et incontrôlable (Benoît Magimel). Cette histoire s'inspire d'un fait divers datant du début du siècle aux Etats-Unis. Comme dans le film de Chabrol - reprise de La fille sur la balançoire de R. Fleischer - le jeune homme fut amené à régler ses comptes avec son vieux rival.

Le dernier Chabrol inspire des sentiments contrastés. On ne peut être qu'enchanté par la performance des principales comédiennes. L' exquise Ludivine Sagnier, tour à tour irrésistible en " cerise sur le gâteau " d'une chaîne de TV régionale, puis pathétique en amoureuse trahie, désemparée. Remarquable aussi la composition de Caroline Sihol en aristo rigide et flippée ; celles de toutes les femmes, qui, dans le film, forcent l'admiration. En revanche, la part masculine suscite une certaine perplexité. Le personnage de l'écrivain est trop épais pour être plausible ; celui qu'incarne Benoît Magimel est grimé et maniéré à l'extrême - lui que l'on a connu si charmant ! Ce sont les choix du réalisateur qui sont en cause, non le jeu des acteurs. Comment croire que cette jeune femme plutôt délurée se laisse ainsi séduire et humilier par un vieux pervers dénué de tout attrait? Parce qu'il est riche et célèbre ? Ce décalage entre la part de lumière du film et son côté lourdingue et graveleux (comme la scène où Gabrielle rampe aux pieds de son chéri) pose problème. Reste l'humour chabrolien et le regard peu amène qu'il porte sur la bourgeoisie provinciale confite dans sa tartufferie et ses amusements scabreux. Pour finir, le film reste égayé par le sourire et la charisme de Ludivine Sagnier, ainsi que par le final allénien qui le dédouane partiellement de ses quelques pesanteurs.