Boxes - Les boîtes

Film français de Jane Birkin

Avec Jane Birkin, Géraldine Chaplin, Natacha Régnier, Lou Doillon, Adèle Exarchopoulos, Michel Piccoli, John Hurt, Maurice Bénichou, Tchéky Karyo





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 06-06-2007

Durée: 1h35

 

Boîtes aux souvenirs

On ne risque pas de voir apparaître l’habituel avertissement : Toute ressemblance avec des personnages ayant existé ne serait que pure coïncidence, tant ce scénario écrit par Jane Birkin prend appui sur les divers épisodes amoureux de sa vie sentimentale qui sont connus de tous. L’histoire nous émeut surtout quand elle traite de la fin de la fécondité féminine, faisant prématurément basculer dans le camp des grand-mères des femmes encore jeunes qui espèrent qu’un nouvel amour est toujours possible, ce qui est le cas pour les hommes trés mûrs (voir Charles Chaplin) et constitue une évidente injustice biologique.

Une Anglaise seule et sexagénaire emménage dans une vieille maison bretonne. Des dizaines de cartons jonchent les pièces, contenant les souvenirs de toute sa vie. Elle entame avec sa mère, son père, ses « ex » et ses filles qui apparaissent dans son imaginaire des affrontements, cherchant à se situer par rapport aux siens et voulant savoir si elle a été bonne fille, bonne mère ou bonne épouse. Jane Birkin n’écrit pas un plaidoyer pro domo pour justifier sa vie : elle tente d’éclairer les zones d’ombre de son parcours sentimental dans ce scénario foisonnant qui mélange le réel et l’imaginaire, les morts et les vivants, dans une série de scènes qui révèlent un réel talent d’auteur. La difficulté de l’exercice vient peut-être de la distribution car, à part Lou Doillon qui donne la réplique à sa mère, on est un peu surpris de voir Maurice Bénichou, Tchéky Karyo, Natacha Régnier ou John Hurt prendre la place des personnages réels que l’on connaît bien, sentiment renforcé par le fait que Jane Birkin, interprétant son personnage, authentifie le contenu autobiographique du scénario. Selon le degré de sympathie qu’il éprouve pour Jane, le spectateur pourra être profondément irrité… ou attendri. Cette réserve relative ne remet pas en question la qualité de l’ensemble des interprètes qui incarnent ce récit, pudique et impudique à la fois, dont l’ultime image laisse naître l’espoir que, finalement, un nouvel amour est toujours possible, même pour une grand-mère.