Irina Palm

Film belge de Sam Gabarski

Avec Marianne Faithfull, Miki Manojlovic, Kevin Bishop





Par Anaïs Jurkiewicz-Renevier
 
Sortie le 09-05-2007

Durée: 1h43

 

Fable émotive

Olly, le petit fils de Maggie est gravement malade. Seul un traîtement en Australie peut le sauver, mais ni elle ni son fils n’ont d’argent pour payer le voyage. Pour gagner rapidement de l’argent, Maggie accepte un job d’hôtesse dans un peep show.

Le pitch de départ est a priori très, voire trop, cliché. On s’interroge : va-t-on tomber dans le larmoyant ? Dans l’exhibition pornographique ? Pourtant, il y a bien un petit quelque chose indéfinissable dans la bande annonce qui donne envie d’aller le voir. C’est ce on-ne-sait-quoi qui va se révéler dès les premières minutes du film.

Ce petit rien n’est autre qu’un mélange savamment dosé que maîtrise parfaitement le réalisateur : subtilité et émotion. Chaque scène est intense, c’est un film qui se ressent autant qu’il se contemple. Cette émotion passe par tous les stades sans jamais déraper : le stress et la violence morale autant que la satisfaction, la réussite et le rire. Sam Garbarski sait déjouer tous les pièges tendus par le choix d’un tel scénario. Certes on devine aisément la trame générale du film, mais il est impossible de prévoir le déroulement particulier de chaque scène, les petits détails qui les accompagnent et leur subtilité. Le réalisateur n’agit pas seul : Marianne Faithfull confère au film l’essentiel de son aura. Tout passe par son visage plutôt que par un étalage de pénis, selon la volonté du réalisateur. Elle révèle admirablement la complexité psychologique de son personnage, en faisant le choix de la sobriété. La réflexion psychique et sociale ne se limite pas à son personnage, mais grâce à l’intelligence du réalisateur se cache derrière tous les personnages du film.

Ce petit rien d’où tout est parti se révèle être finalement un grand plus qui atteint tout le film pour en faire un petit joyau.