Chronique d'un scandale
Notes on a scandal

Film anglais de Richard Eyre

Avec Judi Dench, Cate Blanchett, Bill Nighy, Andrew Simpson, Phil Davis, Michael Maloney, Juno Temple





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 21-02-2007

Durée: 1h32

 

Amours collégiennes

Après le récent et théâtral History boys, voici le plus cinématographique Chronique d’un scandale qui vient s’ajouter à la longue liste de films qui ont pour cadre la vie trépidante dans les collèges anglais. Ici aussi, nous retrouvons la traditionnelle jeune enseignante aux prises avec une aînée à la veille de la retraite, mais le scénario (tiré d’un roman de Zoë Heller) ne décrit pas un conflit de générations mais le désir de la vieille femme, Barbara, plongée dans la solitude, d’établir des liens d’amitié avec cette nouvelle collègue, Sheba. Celle-ci, mariée à un homme beaucoup plus âgé et mère d’un garçon trisomique, éprouve également une forme de solitude et accepte volontiers ces approches amicales. Tout irait pour le mieux si Sheba n’éprouvait une violente passion physique (et réciproque) pour l'un de ses élèves âgé de 15 ans. En découvrant cette aventure, Barbara, ulcérée, menace de tout révéler si sa nouvelle jeune amie ne rompt pas cette liaison scandaleuse. Apparemment convaincue, Sheba promet d’obéir…

Comme on le voit, la rivalité entre les deux femmes n’est pas vraiment d’ordre pédagogique et cette très prenante histoire nous entraîne dans une spirale qui donne aux deux comédiennes, Judi Dench et Cate Blanchett qui forment ce couple dominante / dominée, l’occasion de montrer le niveau de leur talent, sans négliger la qualité des autres acteurs. On peut seulement regretter, comme trop souvent, l’incroyable lourdeur d’une musique pachydermique qui écrase en permanence cette histoire sensible. C’est à croire que le réalisateur a cédé sa place à cet envahissant compositeur durant les mixages.

Petit signe des temps pour conclure : le scandale de la situation naît de la relation entre un (trop jeune) homme et une femme qui se verra sévèrement punie. Par contre, les gays attouchements du corps enseignant envers les jeunes gens de History boys sont traités avec humour et bienveillance. Deux poids, deux mesures?