Angel

Film français de François Ozon

Avec Romola Garai, Sam Neill, Michael Fassbender





Par Elise Heymes
 
Sortie le 14-03-2007

Durée: 2h14

 

Angel, un portrait trop haut en couleurs

Présenté en clôture du festival de Berlin cette année, Angel met en scène le destin d'une jeune romancière anglaise du début du XXe siècle, entre grandeur fulgurante et décadence pathétique, à la façon des grands mélodrames hollywoodiens des années 50.

C'est à la foi qu'elle voue à sa créativité littéraire qu'Angel doit d'échapper à la misère de son adolescence. S'ensuit pour cette ambitieuse l'ascension sociale, le succès populaire, le pouvoir de choisir l'homme qu'elle va aimer et celui de se composer une vie à sa guise, en dehors des modes et des conventions. Mais de femme libre, Angel sera vite rattrapée par la réalité du monde extérieur, sur lequel ses romans et ses mièvres illusions ne peuvent influer.

Sujet classique, décors fastes, ambiance technicolor, musique mélodramatique évidemment, tout est fait pour nous renvoyer aux films de V.Fleming, V. Minelli, D. Sirk entre autres. Mais le propos de François Ozon est de relire cette tradition cinématographique, de nous en proposer une vision critique. L'ironie du cinéaste est omniprésente, heureusement. Angel ou l'art du contrepoint. Il y va de cette Angel-ica, double inverse de l'héroïne, qui nous donne un aperçu de la mesure et du réalisme qui font défaut à Angel (elle porte un costume de son temps, elle). De Esmé, l'époux de Angel, mort d'avoir raté sa vie. De Nora, qui est à l'ombre ce que Angel est à la lumière. Du couple ambivalent que forment l'éditeur et sa femme. Il y va du travail didactique sur les couleurs et leur symbolique
Reste le jeu constamment exacerbé de Romola Garai qui rend l'identification au personnage de Angel difficile. On se lasse de ses minauderies permanentes, de son hystérie qui est à l'image de ce rose bonbon, cette esthétique kitch et cette profusion baroque qui saturent le cadre.