Blood Diamond

Film américain de Edward Zwick

Avec Leonardo di Caprio, Jennifer Connely, Djimon Hounsou





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 31-01-2007

Durée: 2h22

 

Je suppose que la sortie de ce film au moment où se déroule le Festival de la Bande Dessinée d’Angoulême n’est pas due au hasard. Avant tout, précisons un point : dans la vie « normale », personne n’atteindrait la fin de la première bobine vu le déluge de fer et de feu qui s’abat régulièrement sur les protagonistes, où qu’ils se trouvent.

Ayant admis cela, on tente de s’intéresser aux mésaventures des héros mais, malheureusement, leur invulnérabilité les rend totalement inintéressants : on se doute bien que Leonardo di Caprio ne va pas être abattu par un rebelle à la fin du générique. Alors on patiente devant cette improbable recherche collective d’un diamant rose caché par un pauvre pêcheur victime de la guerre civile, et que tout le monde désire : noirs, blancs, rebelles, mercenaires, etc. Même dans les années trente, à l’époque de Tarzan, Hollywood n’avait pas osé faire une telle caricature des Africains : suant, bavant, hurlant, roulant des yeux injectés de haine, brandissant machettes et mitraillettes : ce n’est plus Blood Diamond mais Tintin chez les négros, avec un Leonardo méconnaissable tant il est loin de ses performances scorsesiennes. Les bavardages insipides qu’il tient avec une jolie journaliste égarée là (rôle directement suggéré par le logiciel How to write a Script du scénariste) sont régulièrement interrompus par de fastidieuses scènes de massacre que l’on regarde en pensant à autre chose. Deux heures vingt-deux s’écoulent ainsi jusqu’à une fin surprenante : le pauvre pêcheur, qui a enfin récupéré son diamant et enfilé un élégant costume, reçoit une standing ovation de la part de Londoniens en tenue de gala.

Bref, je conseillerais plutôt « A la poursuite du diamant vert ».