Daratt (saison sèche)

Film français de Taylor Hackford

Avec Ali Bacha Barkai, Youssouf Djoro, Aziza Hisseine





Par Anaïs Jurkiewicz-Renevier
 
Sortie le 27-12-2007

Durée: 1h35

 

Oeil pour oeil

Peut-on connaître un homme par son nom et son passé ? Ce sont en tout cas les seules informations dont dispose Atim, jeune tchadien lorsqu’il quitte son village pour se rendre à la ville de N’djaména : il doit tuer Nassara, meurtrier de son père avec le revolver que lui a confié son grand-père.

Mahamat Saleh Haroun nous sert les différents éléments de son film avec esprit : ses personnages aux caractères subtils sont hauts en couleur. L’intrigue de départ est bien posée, le narrateur joue sur l’ambiguïté du nom et de la parole : un personnage aveugle transmet comme seul élément pour le meurtre un nom qui résonne alors comme une marque guerrière : il faut se venger. Ce nom, c’est celui qu’Atim retrouvera grossièrement peint sur l’enseigne de la boulangerie du meurtrier, le ramenant alors dans un cadre plus vulgaire. Est-il simplement un meurtrier ? Peut-on le connaître autrement ?
L’histoire du film est composée de récits qui se transmettent, avec difficulté parfois : Daratt présente les caractéristiques du conte. Le réalisateur ne cède cependant jamais à la facilité narrative : les paroles sont savamment dosées, on nous donne à contempler autant qu’à écouter. Le spectateur attend le moment où Atim va parler, révéler, en même temps qu’il se complaît dans cette admiration de l’image.
Daratt est donc un film à la mise en scène fabuleuse. Malheureusement, les acteurs n’y participent pas toujours. Certains, surtout le principal, ne sont pas convaincants et gâchent par là une certaine part du trésor que contient le film.