L'Illusionniste
The illusionist

Film américain de Neil Burger

Avec Edward Norton, Paul Giamatti, Jessica Biel, Rufus Sewell, Eddie Marsan, Jake Wood, Tom Fisher, Karl Johnson





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 17-01-2007

Durée: 1h50

 

Dormez, je le veux...

Quand on a vu l’étonnant Prestige qui vous tenait en haleine jusqu’à la fin, on plaint le malheureux Neil Burger d’avoir son Illusionniste distribué après un film aussi remarquable. La seule idée de ce réalisateur semble d’alterner des numéros de magie inexplicables (et inexpliqués) avec des mouvements de figurants barbus, croisant inlassablement des calèches passant en stéréo sur les sonores pavés de Vienne (tournage à Prague).

Une telle absence d’invention finit par fasciner le spectateur qui, entre deux bâillements, tombe dans une sorte d’hypnose (qui est peut-être le résultat recherché par la production pour prouver le talent de son Illusionniste ?)

Le problème c’est qu’on craint surtout qu’Edward Norton ne finisse par s’endormir lui-même tant il manifeste un ennui ostensible : imaginez une salle de cinéma où tout le monde finirait par roupiller de concert, acteurs et spectateurs ; ce serait le sommet de la mise en zen, non ? Malheureusement, le seul que le sommeil ne gagne pas est le chef de la police viennoise qui, pour de mystérieuses raisons politiques, pourchasse ce malheureux magicien somnolent qu’il soupçonne d’on ne sait quoi, au point d’assister tous les soirs à ses représentations, encadré de forces armées, comme si chaque représentation de David Copperfield avait lieu devant un escadron de C.R.S. Ce personnage de flic est tellement envahissant qu’on se demande pourquoi le film ne s’intitule pas plutôt l’Inspecteur ou La Maison Poulaga. Un montage final abracadabrant tente de donner des explications aux mystères accumulés durant ce récit répétitif et soporifique, mais il y a longtemps que les spectateurs ne se posent plus la moindre question. Chut, ne les réveillons pas…