Fur: Portrait imaginaire de Diane Arbus
Fur

Film américain de

Avec Nicole Kidman, Robert Downey Jr., Harris Yulin





Par Simon Legré
 
Sortie le 10-01-2007

Durée: 2h

 

Mon voisin pileux

Hollywood ou l'art de la mise en boîte. Prenez une personnalité border-line qui marqua de son emprunte le champ dans lequel elle s'exerça : ici, Diane Airbus, photographe américaine qui révolutionna les codes du portrait photographique des années 50 à 70 en captant des handicapés et autres freaks de l'acabit d'Elephant Man. Un regard troublant sur la face torve d'une Amérique normative. Ajoutez un produit d'actrice formaté nommé Nicole Kidman en manque de nomination à l'Oscar qu'un réalisateur fantoche, qui filma jadis le loufoque d'une relation SM de bureau avec La secrétaire, parviendra à souiller, sans bien sûr écorner son visage de trente printemps tendance Bambi. Surtout, insistez sur la valeur justificatrice du sous-titre (« Un portrait imaginaire de Diane Arbus ») qui dédouane les scénaristes d'assumer le grotesque achevé de l'entreprise. Car il s'agit ici d'éclairer sur l'avènement d'un désir de photographie qui fit de la jeune femme celle que l'on sait. Mais comment ? Point de vérisme ! It's all imaginary ! La belle affaire ! Le scénario l'acoquine à un voisin recouvert de poils (honteux duplicata du Jean Marais de La belle et la bête) dont le condo new-yorkais évoquerait malgré lui un lupanar vintage , qui va ouvrir une brèche au sein du monde Vogue et capitonné dans lequel elle évolue. Les monstres sont donc aussi des humains, apprendra la belle au cours de son voyage au pays des vilains. à aucun moment, le film ne parvient à faire de l'étrange auquel se confronte l'héroïne un matériau à part entière. Incapable d'assumer la bizarrerie dont elle est porteuse, la puissance de perturbation du film s'enroule sur elle-même. Et ce à cause de la présence nauséabonde d'un directeur artistique qui saccage tout ce qu'il peut. Et d'une actrice fonctionnelle qui, à l'image du film, ne se mouille pas pour faire sourdre le trouble, préférant ne pas faire de film que d'envisager l'inquiétude suscitée par une ride sur sa carnation opaline.