Black Book

Film hollandais de Paul Verhoeven

Avec Carice Van Houten, Sebastien Koch, Thom Hoffman





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 29-11-2006

Durée: 2h25

 

Lobby de la critique ?

Je n’étais guère tenté par Black Book mais, devant les louanges quasi unanimes de la critique professionnelle, j’ai craint de passer à côté du chef d’œuvre. Pourtant, ma réticence avait du flair : je n’ai vu dans le film ni la distanciation annoncée ni la remise en question des poncifs du genre, au contraire.

Cette histoire de résistance hollandaise semble avoir été tournée aux U.S.A. pendant la guerre, lorsqu’il fallait remonter le moral des spectateurs en glorifiant l’héroïsme des combattants clandestins. Les Allemands, évidemment stupides et cruels comme d’habitude, semblent obéir au Francis Blanche de Babette s’en va-t-en guerre. De surcroît, ils tirent aussi mal que les résistants, ce qui donne lieu à d’interminables mitraillages à bout portant sans qu’aucun acteur, miraculeuse invulnérabilité, ne paraisse touché. Dans cet imbroglio qui s’éternise entre vrais traîtres et faux résistants, une clé simple pour s’y retrouver : plus un personnage est sympathique, plus on peut être certain que c’est un salaud. Quant aux péripéties abracadabrantes de cette jeune chanteuse juive qui travaille pour l’Etat-major allemand, elles ne soulèvent guère d’inquiétude puisque nous savons, dès le début, que le récit est un long flash-back et qu’elle vit paisiblement en Israël. Bref, on se demande pourquoi l’ensemble de la critique encense un tel micmac. Ce film prouve seulement que, malgré ses vingt ans aux USA et le succès de Total recall ou de Basic instinct, Paul Verhoeven n’est pas à l’abri d’un échec.

La seule hardiesse évidente du film intervient lorsque la Libération arrive enfin et que les résistants se révèlent pires que les nazis. Deux heures trente pour aboutir à cette conclusion, c’est vraiment beaucoup.