Je pense à vous

Film français de Pascal Bonitzer

Avec Edouard Baer, Géraldine Pailhas, Marina de Van, Charles Berling, Hippolyte Girardot





Par Baptiste Jacomino
 

Durée: 1h22

 

Cauchemar rue Jacob

Bonitzer est un des rares cinéastes actuels qui se permettent de faire des variations, comme l’ont fait Hawks, Scorsese, ou Rohmer. On retrouve dans son dernier film beaucoup d’éléments de son Rien sur Robert par exemple. Les deux scénarios, les univers des deux films sont très proches. Dans Rien sur Robert, il donnait à voir des plans de montagne, qui rappelaient La Montagne de Balthus. Cette fois, c’est le célèbre Alice de Balthus qu’il évoque. Ce tableau montre une femme presque nue, trempée, qui se coiffe, dévoilant son sexe, un pied sur une chaise en bois. Un même personnage inquiétant hante Je pense à vous. Une femme dont le visage ressemble beaucoup à celui d’Alice. On la voit souvent nue, trempée, provocante et, comme tant de personnages de Balthus et de Bonitzer, inquiétante. C’est qu’une fois encore Bonitzer nous propose un conte fantastique. Le film dérive peu à peu. Il nous conduit dans un univers étrange, effrayant, livré à l’antilogique du rêve. C’est dans le petit monde des maisons d’édition de Saint-Germain que les personnages évoluent. Ce milieu est montré avec finesse et ironie. Bonitzer semble même s’être inspiré de petites histoires qui se sont racontées dans le quartier, pour faire un film à clés. Le réalisateur propose une impression plus qu’une intrigue, une nouvelle filmée, des anecdotes parisiennes. Le film inquiète, mais à peine, sans fasciner, sans marquer la mémoire. Sans doute est-ce qu’il manque d’élan, d’espace, d’universalité.