Le Bouddha de Buenos Aires
Un Buda

Film argentin de Diego Rafecas

Avec Agustin Markert, Carolina Fal, Julieta Cardinali, Fabian Bril


Nombreux Prix dans divers festivals mondiaux


Par Henri Lanoë
 
Sortie le 29-11-2006

Durée: 1h55

 

Restons Zen

Buenos-Ayres au temps de la dictature militaire. Deux jeunes garçons terrifiés assistent à l’arrestation de leurs parents par la police gouvernementale. Ils ne les reverront plus et vont être élevés par la grand’mère. Le seul « crime » du père disparu semble avoir été sa conversion au bouddhisme…

Les années ont passé et la démocratie est rétablie en Argentine. Rafael, l’aîné, est devenu professeur de philo, célibataire plutôt athée qui tente une timide relation sentimentale avec une jeune intellectuelle. Il s’inquiète de voir Tomas, son cadet, suivre la tendance paternelle en passant ses journées dans une méditation presque ininterrompue, s’alimentant à peine. Cette préoccupation rejoint celle de la petite amie du jeune homme, Laura, qui souffre de voir ses sentiments si peu partagés par un Tomas plongé dans sa quête d’absolu. Tous ces proches s’allient pour tenter de ramener l’illuminé dans « la vraie vie ».

Voilà l’ambitieux (et rare) sujet qu’a choisi Diego Rafecas pour ce premier long-métrage, dont il est également auteur et un des acteurs principaux. Son film a été sélectionné dans de nombreux festivals où il a récolté plusieurs prix. Une des principales qualités de ce scénario tient dans l’attitude tolérante qu’il adopte pour décrire les choix personnels des protagonistes sans tomber dans les pièges du film militant ou de la caricature : le scepticisme des uns ne l’emporte jamais sur la foi des autres et réciproquement. Diego Rafecas sait aussi garder une distance teintée d’humour lorsqu’il traite les séquences religieuses qui se déroulent dans le temple bouddhiste où Tomas, suivi progressivement de tous les siens, est venu à la rencontre de son « maître ». Ces qualités sont peut-être, étrangement, le point faible du film car on finit par ne plus savoir où se situent les convictions du réalisateur : Bouddah or not Bouddah ? Quelques allègements dans la dernière partie - qui peine à conclure - maintiendraient plus efficacement l’intérêt du spectateur, mais les qualités du film l’emportent sur ses faiblesses et méritent que l’on découvre ce nouveau réalisateur argentin.