Lady Chatterley

Film français de Pascale Ferran
d'après le roman de D.H.Lawrence

Avec Marina Hands, Jean-Louis Coulloc'h, Hippolyte Girardot, Hélène Alexandridis, Hélène Fillières





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 01-11-2006

Durée: 2h38

 

Ecologie amoureuse

Ecologie amoureuse

L’Amant de Lady Chatterley, paru en 1928, avait été un succès littéraire scandaleux, qui rendit universellement célèbre son auteur D.H. Lawrence : celui-ci n’en profita guère puisqu’il mourut peu après. Pascale Ferran nous apprend que Lawrence avait écrit, en fait, trois versions différentes de son œuvre dont les personnages et les épisodes fluctuaient selon les livres. Elle nous propose l’adaptation de la deuxième version, intitulée Lady Chatterley et l’homme des bois, dans laquelle le garde-chasse Parkin est un ancien mineur, personnage beaucoup plus frustre que l’amant de la version finale, ex-officier de l’Armée des Indes, socialement et intellectuellement plus proche de sa maîtresse

La réussite de cette adaptation délicate repose essentiellement sur le talent des interprètes de ce couple qui découvre la sensualité dans des scènes qui pourraient parfois basculer dans le ridicule mais parviennent à se maintenir dans un lyrisme champêtre émouvant. La lumineuse Marina Hands incarne avec fraîcheur et délicatesse le parcours de cette jeune femme frustrée qui découvre l’amour physique avec un partenaire timide et mutique, parfaitement incarné par Jean-Louis Coulloc’h dont c’est la première apparition dans un long métrage. Hippolyte Girardot, philosophe et tolérant, rend crédible le personnage de ce mari mutilé de guerre qui feint d’ignorer les passe-temps de son épouse dont il espère une descendance.

On peut seulement regretter l’enlisement du récit dans sa dernière partie lorsque le couple d’amants n’occupe plus l’écran et qu’une voix off décrit les vacances de Lady Chatterley sur la Côte d’Azur, illustrées par un film d’amateur interminable, avant le retour en Angleterre et les plates retrouvailles des deux héros. Je suppose que Pascale Ferran a souhaité respecter fidèlement le roman, mais comme le film dure tout de même 2h38, il aurait certainement supporté quelques allègements vers la fin, lorsque l’intérêt n’est plus soutenu par la découverte mutuelle de la passion physique.