Last Kiss
The Last Kiss

Film américain de Tony Goldwyn
Remake de L'ultimo bacio, de Gabriele Muccino

Avec Zach Braff, Casinda Barrett, Casey Affleck, Blythe Danner, Tom Wilkinson





Par Esther Castagné
 
Sortie le 25-10-2006

Durée: 1h44

 

Un homme, de nos jours (ou comment rester célibataire en une leçon)

Michael a trente ans et sa copine vient de lui annoncer qu'elle est enceinte. Pourtant la joie que provoque en lui cet heureux événement est contrebalancée par toutes les peurs et angoisses de cet homme immature que la nouvelle de la grossesse fait ressortir.
Michael ne veut pas que le bébé l'oblige à grandir et à devenir responsable : il veut continuer à voir ses potes (éternels amis d'enfance) quand il l'entend, à faire la fête, à se croire libre et potentiellement célibataire (d'où son refus obstiné du mariage). Ce qui ne veut pas dire qu'il soit malheureux, bien au contraire : tout va bien pour lui. Trop bien pour ne pas tout gâcher par peur et par faiblesse.

Last Kiss est en quelque sorte le remake américain du film italien du même nom, L'ultimo bacio (Juste un baiser) (2001). Comme l'original, Last Kiss semble avoir pour but d'excuser et de banaliser les errements du personnage principal : la vie est ainsi, il faut arrêter de rêver.
La fidélité est une utopie et le seul moyen de sauver son couple est de 'pardonner' et d'accepter tous les compromis. Il suffirait pourtant de s'interdire de céder à la tentation et à la facilité, mais non, ça ne semble pas effleurer l'esprit de qui que ce soit si ce n'est de Jenna, la femme trompée, et surtout de son père qui est plus représenté ici comme une sorte d'extraterrestre et de monstre d'insensibilité que comme un être humain.
Jamais on ne songe à condamner les agissements de Michael car ils sont humains et excusables en dépit du mal qu'ils provoquent. La légèreté et l'inconséquence du personnage sont pourtant seules responsables de l'échec de son couple et de la situation miteuse dans laquelle il se trouve. Céder à une bimbo allumeuse qu'on voit venir à trente kilomètres à la ronde n'est que la preuve de l'immaturité et de la médiocrité de ce pathétique homme entre deux âges, accompagné de ses non moins catastrophiques – bien que sympathiques – copains.
La qualité cinématographique de ce film de groupe pour trentenaires en quête d'excuses est à l'image de son propos. Déprimant.