Une vérité qui dérange
An Inconvenient Truth

Film américain de Guggenheim David

Avec Al Gore





Par Anaïs Jurkiewicz-Renevier
 
Sortie le 11-10-2006

Durée: 1h38

 

Le climat et Gore

Des glaciers qui fondent, des tempêtes qui se font de plus en plus puissantes et imprévisibles, un climat qui se réchauffe dangereusement, « le film le plus terrifiant que l’on puisse voir » : le menu du dernier documentaire de David Guggenheim, autant que son titre Une vérité qui dérange se voulaient particulièrement aguicheurs. Le résultat n’est pas à la hauteur de ce qu’ils annonçaient.

Ce documentaire est constitué pour les trois-quarts d’images d’une conférence d’Al Gore, « ex futur président des Etats-Unis » sur l’environnement. Diaporamas, graphiques et images satellites se suivent, agrémentées des commentaires parfois piquants mais jamais dérangeants de l’ex-présidentiable. En effet, toutes les vérités scientifiques et médiatiques qui sont énoncées, certes d’une manière très simple et accessible à tous, ont un goût de déjà-vu et déjà-su. Les images de la conférence sont entrecoupées de quelques scènes de la vie d’Al Gore qui ont un lien plus ou moins évident au sujet mais qui surtout transforment le documentaire en véritable film de règlement de comptes avec son ex-adversaire, voire en film de campagne.
On s’attendait à quelque chose de beaucoup plus hors norme, beaucoup plus dérangeant qu’un homme politique qui se met en scène au profit d’une cause, certes très noble, mais tournée de telle sorte qu’elle semble s’adresser uniquement à des gens qui n’auraient jamais entendu les mots « écologie » ou « gaz à effet de serre ». En somme, à un public plus américain que français.
Et si l’on a quelques scrupules à prendre la voiture pour rentrer du cinéma, tout est oublié le lendemain, pour cause d’indigestion sévère de graphiques mathématiques et de conseils écologiques et surtout politiques pompeux.