Le Diable s'habille en Prada
The Devil wears Prada

Film américain de David Frankel
Inspiré du livre de Lauren Weisberger

Avec Meryl Streep, Anne Hathaway, Stanley Tucci





Par Esther Castagné
 
Sortie le 27-09-2006

Durée: 1h50

 

L’enfer probablement…

Lorsqu’Andy franchit pour la première fois le seuil du gratte-ciel qui abrite la rédaction de Runaway, elle est loin de se douter de ce qui l’attend. Et de celle qui l’attend : Miranda Priesly, rédactrice en chef du magazine, sa future patronne, fait et défait la mode, décide des tendances, terrorise ses collaborateurs. Mais ce jour-là le caprice de Miranda se limitera à embaucher comme seconde assistante le vilain petit canard qui vient de franchir le seuil de son "fashion bureau". C’est ainsi qu’Andy intègre le cercle très fermé et si convoité du monde de la mode, et qu’avec elle nous pénétrons dans les coulisses de sa diabolique ascension.

David Frankel, connu notamment pour avoir réalisé plusieurs épisodes de la série culte Sex and the City, ne change pas vraiment de registre dans ce film adapté du best-seller homonyme. Cependant le film a un avantage, et pas des moindres : il est interprété par un casting de choix avec en tête une Meryl Streep divine et diabolique. Les faiblesses de l’histoire sont gommées par la performance des acteurs et par le ton acerbe et caustique de cet excellent divertissement, à condition qu’on s’intéresse tout de même un peu à la mode. Dans le cas contraire, vous risqueriez une indigestion de fringues tendances qui frôlent souvent le mauvais goût et qui sont de toute façon "too much" pour tout oeil non aguerri. La satire ne verse jamais vraiment dans le cliché ; on se moque gentiment, on critique férocement, on approuve rarement.
Et si vous ressentiez une impression de déjà vu dans la psychologie et le comportement des personnages, vous n’auriez pas tort mais il vous faudrait également reconnaître que pour une superproduction hollywoodienne, on est presque dans la subtilité !
Quoi qu’il en soit, si ce film n’est en rien novateur ou flamboyant sur le plan technique et cinématographique, s’il n’est pas non plus exceptionnellement inventif pour ce qui est de l’intrigue, c’est en tout cas un parfait divertissement durant lequel on peut au moins admirer les dernières collections des grands couturiers ou crier au scandale, se moquer de ces anorexiques carriéristes et fashion, verser une larme sur la belle histoire d’une jeune fille comme les autres qui aurait pu mal tourner. Bref, faites-vous plaisir et découvrez vous aussi Prada (et les autres) et leur "infernal world" diaboliquement mode!