La jeune fille de l'eau
Lady in the water

Film américain de M. Night Shyamalan

Avec Brice Dallas Howard, Paul Giamatti





Par Laurence Bonnecarrère
 
Sortie le 23-08-2006

 

Shyamalamala...

Les fans de Shy ne seront pas trop dépaysés. Point de revenants pourtant dans "La jeune fille de l’eau", juste une myriade de créatures transitoires fluides plutôt toniques. Sans y avoir été formellement invitées, nos cousins aquatiques ont en effet investi l’espace clôt d’un complexe immobilier de Philadelphie. Cette cité miniature constitue le cadre resserré du dernier conte de fée concocté par Night Shyamalan (réalisateur de Sixième sens, Incassable, Signes et le Village). Nous ne sommes pas seuls sur cette planète. L’étage du dessous fourmille d’êtres plus ou moins avenants qui voudraient bien nous glisser un message, mais qui, faute d’y parvenir, se contentent de nager en eau trouble et de prendre des douches. Egarée dans la piscine d’un immeuble, la gracieuse « narf » (narf = nymphe aquatique) Story (Bryce Dallas Howard, pâlotte) tente de mettre en garde l’humanité contre une catastrophe imminente. Mais la jeune Story a besoin d’un vaisseau (= médiateur) pour accomplir sa mission. Il lui faut encore une garde rapprochée pour éloigner les « scrunts », eux-mêmes en proie aux terribles « tarturics »… Le gardien de l’immeuble bègue et compatissant (Paul Giametti) accepte de jouer les interfaces ; il tentera de sauver Story après avoir recueilli, à toutes fins utiles, la parole messianique. Shyalaman entrelace avec un art consommé deux canevas distincts, le conte fantastique venant s’insérer dans le périmètre d’une cité peuplée de spécimen terriens aux contours bien dessinés. Au sein de ce microcosme pittoresque, chacun apporte sa touche de fantaisie et d’extravagance. Seul le critique de cinéma (« Farber ») est un personnage franchement déplaisant. Malicieux, léger, le film est également d’un optimisme à toute épreuve, puisque la jeune prêtresse visionnaire nous annonce la venue d’un homme politique (américain ? démocrate ? écologiste ?) capable de « remettre le monde d’aplomb ». Ouf, il est grand temps! Le moment le plus drôle du film reste celui qui met aux prises le critique de cinéma avec un monstre visqueux et omnivore… Autant dire que les «scrunts» choisissent leurs victimes avec un remarquable discernement.