La science des rêves
The science of sleep

Film américain de Michel Gondry

Avec Gael Garcia Bernal, Charlotte Gainsbourg, Alain Chabat, Miou-Miou





Par Laurence Bonnecarrère
 
Sortie le 16-08-2006

Durée: 1h46

 

Tambouille gondrystante

Quoi de plus assommant que les rêves des autres ? Sinon peut-être leurs cauchemars ? Mais alors comment expliquer l'engouement pour tant de films qui exploitent un onirisme studieux repeint aux couleurs de l’imagerie synthétique et des clips vidéos ?
 
Chez Gondry, les poneys argentés trottinent dans des téléviseurs en carton-pâte, les amants virtuels voguent sur des nuages de gaze, les robinets crachent des litres de cellophane, les machines à remonter le temps répètent à l'envi l'instant jubilatoire... Dans ce cinéma gentiment exubérant, les écrans poreux accueillent les fantasmes des uns et les dérapages des autres sans disqualifier l’imaginaire ni cloisonner les âmes, même si les déconvenues amoureuses du héros témoignent de la résistance obstinée du réel.

Notre jeune artiste (Gael Garcia Berval), qui ne parvient pas à obtenir les faveurs de sa voisine (Charlotte), imaginative comme lui, mais tout de même moins allumée, nous embarque dans une longue pérégrination au pays des songes en papier crépon. Hélas, tout ce fatras d’inventions visuelles farfelues, de jeux de mots calamiteux et de romantisme évaporé laisse un peu groggy. Une jolie séquence de poney sautillant sur un piano donne une idée de ce qu’on pourrait attendre de ce cinéma faussement puéril, s’il était plus sobre. Mais en l’état, malgré la candeur de Charlotte et le naturel espiègle de G.G. Bernal - crédible en poète transi - toute cette cuisine néo-surréaliste reste un peu frelatée.