El Lobo

Film espagnol de Miguel Courtois

Avec Eduardo Noriega, José Coronado, Patrick Bruel, Mélanie Doutey, Sylvia Abascal, Santiago Ramos, Jorge Sanz





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 26-04-2006

Durée: 2h02

 

Taupe modèle

Inspiré d’une histoire vraie, El Lobo a rencontré un grand succès en Espagne, pays traumatisé par les actes de résistance de l’ETA, car le film décrit le parcours d’un Basque qui, refusant la violence du terrorisme, infiltra les réseaux du mouvement indépendantiste pendant des années afin de les décapiter avec le soutien de la police de Franco. Après l’avoir utilisé, celle-ci abandonna sa « taupe » car les conditions politiques avaient évolué après la mort du Caudillo. Evidemment traqué par l’ETA qui tenait à se venger, il dut changer d’identité, et même de visage, puis disparut sans laisser de trace.

Le début du film, sobre et efficace, installe avec sécheresse les personnages de cette histoire violente. Le bel Eduardo Noriega, l’½il farouche et la mine sévère, incarne ce lobo solitaire. L’ennui c’est qu’il ne quitte plus cette expression durant les deux heures de projection et qu’on se demande comment il ne devient pas rapidement suspect auprès de ses «camarades» engagés dans le combat, tant il semble soucieux et préoccupé en permanence. Il faut reconnaître que Patrick Bruel, chef du mouvement de résistance, n’a rien à lui envier dans le domaine du sourcil froncé. La douce Mélanie Doutey, en pasionaria basque, peine à se hisser au niveau de ces compagnons perpétuellement masqués. Pour détendre l’atmosphère, Miguel Courtois a tenté de glisser une improbable histoire d’amour entre ces trois protagonistes, mais on se doute bien que là n’est pas le sujet. Peu à peu le récit s’opacifie et on a de plus en plus de mal à distinguer les vrais résistants des faux traîtres et les braves policiers des méchants fonctionnaires. L’action se déroulant sur plusieurs années, le réalisateur aboutit à un film beaucoup trop long, cause probable de la lassitude du spectateur qui voit disparaître progressivement les qualités d’efficacité et de rythme qui rendaient séduisant le prologue de cette odyssée interminable.