Brothers

Film danois de Suzanne Bier

Avec Connie Nielsen, Ulrich Thomsen, Nikolaj Lie Kaas


Prix Festival de Sundance 2005, Prix d'interprétation : Connie Nielsen, Ulrich Thomsen


Par Henri Lanoë
 
Sortie le 08-02-2006

Durée: 1h50

 

Les horreurs de la guerre

Michael est un homme énergique et droit. Militaire de carrière, il est à la tête d’un commando danois sur le point de partir pour l’Afghanistan, dans le cadre de la mission des troupes de l’ONU dans ce pays. Tout à l’opposé, son jeune frère, Jannick, serait plutôt du genre voyou caractériel, tendance alcoolo, mais une réelle affection unit les deux hommes, malgré leurs différences. Les parents penchent plutôt vers l’aîné qui, de plus, est marié à Sarah, parfaite mère de deux petites filles. Peu après son arrivée sur le théâtre d’opérations, Michael disparaît dans un crash d’hélicoptère et la malheureuse Sarah, flanquée de ses deux orphelines, doit endosser le dur statut de veuve de guerre, aidée par son beau-frère qui tente de s’amender et d’aider ce trio brisé par le chagrin.

Avec de tels postulats, on pouvait redouter que le développement de l’histoire ne nous épargne aucun des poncifs qui rôdent. Vaine inquiétude : Suzanne Bier parvient à déjouer tous les pièges du mélo menaçant et, par une réalisation pudique, imaginative, pleine d’ellipses et de non-dits, elle développe progressivement son scénario vers un drame d’une terrible intensité, grâce, entre autres, aux trois magnifiques acteurs principaux. Au sommet d’une jeune carrière internationale, Connie Nielsen tourne pour la première fois dans son pays d’origine où elle retrouve deux acteurs très populaires au Danemark : Ulrich Thomsen (que nous avions pu découvrir dans Festen de Thomas Vinterberg) et Nikolaj Lie Kaas (déjà vu dans Reconstruction de Christopher Boe). Le reste de la distribution contribue aussi à la réussite de Brothers.

Comme toujours, lorsqu’il s’agit d’oeuvres de qualité, je m’en voudrais de dévoiler le déroulement de ce récit afin de protéger le plaisir de la découverte et la richesse de ce scénario aux rebondissements inattendus. La notion de violence (tarte à la crème du cinéma) prend ici sa véritable dimension, loin des flots d’hémoglobine tarantinesques. C’est un réel (et rare) plaisir de découvrir un film qui échappe à ce point aux clichés standards qui se répandent habituellement sur nos écrans à longueur d’année. Il est vrai que le Danemark est un pays dont la vocation cinématographique remonte aux origines de cet art-industrie. Ne laissez pas passer Brothers qui, je le crains, aura moins de copies que les Bronzés 3 .