Faux Amis
The Ice Harvest

Film américain de Harold Ramis

Avec John Cusack, Billy Bob Thornton, Connie Nielsen





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 01-02-2006

Durée: 1h28

 

Joyeux Noël !

Quelqu’un qui a écrit et réalisé le délicieux Un Jour sans Fin(1992), avec Bill Murray et Andie Mc Dowell, ne peut être entièrement mauvais. Même Mafia Blues contenait une excellente situation de comédie que le cabotinage de Billy Crystal et de Niro ne parvenait pas à entamer totalement. (Je vous accorde que Mafia Blues IIne s’imposait pas).

Avec Faux Amis, Harold Ramis tente un mélange des genres plus difficile en mariant le film « noir de chez noir » et la comédie désabusée. Au début, le résultat est assez convaincant. L’histoire se déroule durant la nuit de Noël, sous une pluie verglaçante qui paralyse Wichita (Kansas) dont les habitants, transis, hantent les bars à la recherche d’une cuite permanente et collective en l’honneur de la naissance du « divin enfant ». Les habituels clichés sur cette nuit qui devrait être consacrée à la famille, aux enfants, aux cadeaux, etc. sont submergés par les flots d’alcool qui imbibent les différents pochards du scénario (cohorte dominée par les excellents John Cusack et Billy Bob Thornton) et par les flots de sang qui jaillissent des multiples agressions dont iceux sont peu à peu victimes. Malgré cette hécatombe, les occasions de rire abondent dans les pires moments, comme dans l’univers des frères Coen.

C’est peut-être cet aspect tirant progressivement vers le cartoon qui empêche d’adhérer totalement à l’histoire. L’invulnérabilité des héros qui ressuscitent un peu trop facilement lézarde l’intérêt que l’on portait à leurs projets dans la première partie du film. Ce renversement de style conduit finalement à la parodie et écrase toute crédibilité dans la conclusion de l’aventure (comme dans A history of Violence). Quand, dans le plan final, la voiture du héros s’éloigne benoîtement vers l’horizon, comme Charlie Chaplin dans ses comédies muettes, on a du mal à imaginer que la police ne va pas mener une enquête rapide et efficace en découvrant l’hécatombe vécue par Wichita en cette sacrée nuit, à défaut de nuit sacrée. Ces réserves sur le scénario ne s’appliquent pas à la brillante réalisation de Harold Ramis et à sa troupe d’acteurs qui parviennent à faire passer ces quelques regrets.