Animal

Film américain de Roselyne Bosch

Avec Andreas Wilson, Diogo Infante, Emma Griffiths Malin





Par Aurélie Rose
 
Sortie le 06-01-2011

Durée: 1h39

 

La science montre les crocs

Dans un futur proche, en Europe un chercheur en génétique Thomas Nielsen propose à un tueur en série, Vincent Iparrak d’étudier son ADN afin de découvrir le facteur de son agressivité. Si la cause est génétique, il échappe à la peine de mort. Mais le chercheur va devenir le sujet de ses propres expériences…

Bosch, scénariste de 1492 de Ridley Scott et de Bimboland, Animal commence avec une idée géniale :" la génétique peut-elle corriger l'oeuvre de Dieu ?", saupoudrée d'un soupçon de Dr Jeckyll et Mister Hyde. Malheureusement la mayonnaise de prend pas. L'histoire se complique, se mélange et, finalement, la conduite des personnages nous échappe. Les ambitions, la personnalité de Nielsen deviennent flous. Les réactions des personnages prennent des tournures invraisemblables. On ne comprend plus pourquoi le tueur se rétracte, pourquoi Nielsen s'injecte le gène d'agressivité. On atteint même le ridicule : le tueur redevenu gentil prévient que Nielsen est "en danger"... Le film pose cependant de bonnes questions : jusqu’où pouvons nous aller pour changer ? Le personnage du généticien poursuit ses recherches dans le but de faire évoluer l’espèce humaine. Mais à quel prix ? La réalisatrice met en scène un conflit entre les puissances naturelles (l’orage, les animaux, la forêt…) et la puissance de l’Homme avec ses manipulations génétiques. Mais même si on le modifie jusqu’à l’ADN, un homme ne reste-il pas un homme ? A travers ses recherches Nielsen souhaite répondre à la question : "l‘Homme est-il bon ou mauvais ?" Le film lui-même est une confrontation entre Rousseau et Nietzsche. Mais le final est décevant car il n’y a aucune prise de risque, aucun parti pris, donc aucune réponses.

Le film nous laisse sur notre faim, malgré les excellentes interprétations de Andreas Wilson et Diogo Infante.

Première réalisation de la française Roselyne Bosch.

Malgré une mise en scène stylisée Animal reste long et inabouti.