Le temps qui reste

Film français de François Ozon

Avec Melvil Poupaud, Jeanne Moreau, Valeria Bruni-Tedeschi





Par Anaïs Jurkiewicz-Renevier
 
Sortie le 30-11-2005

Durée: 1h25

 

A quoi bon?

Romain, photographe arrogant, la trentaine, apprend qu'il est atteint d'un cancer généralisé. Il refuse la chimiothérapie, le médecin lui apprend donc qu'il lui reste trois mois à vivre.

Synopsis simple, acteurs de talents (Melvil Poupaud, Jeanne Moreau, Valeria Bruni-Tedeschi) : on voudrait croire à la performance de ce film, même si les réalisations précédentes d'Ozon (Huit Femmes, Swimming Pool...) n'ont pas été d'une réussite foudroyante. Seulement, la musique mélo du début de générique n'annonce rien de bon... A juste titre... On remercie le réalisateur de ne pas avoir traité le sujet avec pathos (autrement le résultat n'aurait pu être que pitoyable). Ses choix narratifs sont mêmes originaux : le héros ne réagit pas comme on pourrait l'attendre. Il ne va tenter de se réconcilier avec personne, sinon avec lui-même. Une introspection qui aurait pu être réussie, d'autant que Melvil Poupaud joue son rôle de manière exceptionnelle, si l'histoire n'était pas ponctuée de flash-backs importuns, dans lesquels Romain revoit son enfance. Et encore, s'il n'y avait que cela... Il semblerait qu'Ozon s'emploie à utiliser tous les clichés à éviter... Les boîtes homosexuelles possèdent des salles sadomasochistes, la grand mère prend dix cachets par jour pour "mourir en bonne santé", Romain rencontre même, dans une caféteria d'autoroute, une femme qui lui demande de lui faire un enfant car son mari est stérile (et oh, surprise, il va accepter!). Pitié, stop! Et l'histoire dans tout cela ? Vide... Le discours ? Insignifiant... On tourne en rond, et comme le protagoniste qui se pose la question tous les jours, on se demande "A quoi bon?".