Backstage

Film français de Emmanuelle Bercot

Avec Emmanuelle Seigner, Isild le Besco, Noémie Lvovsky





Par Alicia Fischmeister
 
Sortie le 16-11-2005

Durée: 1h15

 

Fans, je vous aime

Ado prolo d’une banlieue du nord de la France, Lucie est plus que fan de Lauren Waks, chanteuse ultra célèbre à la Mylène Farmer. Lorsqu’à l’occasion d’une émission de télé-réalité, cette dernière débarque chez Lucie avec ses projecteurs et sa robe de scène, la jeune fille est tétanisée. Elle suit Lauren jusqu’à sa chambre d’hôtel parisienne et parvient finalement à se faire une place dans son entourage et dans sa vie, mais son amour pour la star continue de la dévorer à petit feu.

La principale force du film réside sans conteste dans la qualité de jeu des deux actrices principales. Isild le Besco incarne une Lucie mutique, presque fantomatique à force de tendre vers son seul et unique but : se fondre avec sa star. Un simple regard de l’actrice suffit à nous dévoiler le déséquilibre psychologique de son personnage, cette jeune fille qui semble n’être capable de rien d’autre que de vivre par procuration et de s’abîmer dans la vénération d’une idole. Quant à Emmanuelle Seigner, elle campe avec une maîtrise parfaite son rôle de femme-aimant autour de qui le monde gravite. En sauvant de justesse son personnage du cliché de la superstar caractérielle et impossible à vivre, elle laisse transparaître une femme à l’agonie, elle-même victime de la dépendance qu’elle provoque.
Cette notion de dépendance devient vite la ligne directrice du film : Lucie erre dans les rues de Paris et dans les couloirs d’hôtel comme une junkie en manque jusqu’à ce qu’on la laisse s’approcher de sa drogue, Lauren. Une dépendance à laquelle a su échapper Daniel, l’ex de la chanteuse ; mais on ne décroche jamais complètement, comme le prouve la très belle scène dans laquelle Lucie et lui s’étreignent en se faisant mutuellement office de bouée de sauvetage. Cette scène est d’ailleurs l’une des rares qui soient filmées avec une certaine distance. Le recours systématique au gros plan dés qu’un visage s’anime a parfois tendance à fatiguer, mais c’est entre autres grâce à lui qu’Emmanuelle Bercot réussi à nous plonger dans son drame poignant, dévoilant une triste réalité de l’industrie showbiz.