Flight plan

Film américain de Robert Schwentke

 
Sortie le 09-11-2005

 

Thriller terroristique unbuesque

On savait Judie Foster capable de se sortir de situations délicates. La voici aux prises avec une bande de pirates de l’air mais, aucune crainte, elle ne se laisse pas démonter. Le spectateur, en revanche, est un peu malmené par un scénario en forme de canular.

Ingénieur en aéronautique, Kyle Pratt, quitte Berlin pour rapatrier le cercueil de son mari mort accidentellement quelques jours auparavant. Elle embarque à bord d’un Boeing, accompagnée de sa fille de 6 ans. Enfin, c’est ce qu’elle imagine. Aussitôt assise, elle s’assoupit. Au bout de trois heures, elle se réveille ; l’enfant n’est plus à ses côtés. Kyle, qui connaît l’avion par c½ur, la cherche, mais son voisin immédiat et l’équipage lui expliquent, preuves à l’appui, qu’elle (Kyle) n’est jamais montée dans l’avion accompagnée de sa fille, laquelle en réalité est morte en même temps que son père. Le certificat de décès de l’enfant est même entre leurs mains. La pauvre Kyle est alors réconfortée par une cellule de crise improvisée qui vient l’aider à faire son deuil et à accepter la vérité qu’elle nie (idée très drôle !). Cet excellent point de départ donne au réalisateur l’occasion de montrer son savoir faire dans un genre où nul n’attend une révolution stylistique. L’appropriation de l’espace et les codes dramatiques du genre sont effectivement maîtrisés par le réalisateur, pilote expérimenté. La mise en scène, sans être subtile, est payante et ce voyage mouvementé est amusant un temps. Mais les dernières minutes laissent pantois. On a eu beau s’être torturé la cervelle pendant une heure et quart, jamais on n’aurait pu deviner une chute aussi psychédélique.
Quant au personnage de Kyle Pratt, c’est un croisement de Mère courage, James Bond, la Femme élastique et l’Homme-Araignée. Jodie Foster, la comédienne, divine de bout en bout, n’est pas en cause. Mais on regrette tout de même les excès de zèle de la maquilleuse et du coiffeur qui nous débarquent une héroïne intacte après cinq heures de corps à corps et un avion implosé.