Free Zone

Film israëlien de Amos Gitaï

Avec Hanna Laslo, Nathalie Portman, Hiam Abass, Carmen Maura, Aki Avni


Hanna Laslo : Prix d'Interprétation féminine Cannes 2005


Par Henri Lanoë
 
Sortie le 09-11-2005

Durée: 1h34

 

En un combat douteux

Invité permanent du festival de Cannes, Amos Gitaï continue sa patiente description critique de la société israélienne, passant de la condition des femmes au poids du carcan religieux, en revenant inlassablement sur le conflit interminable qui oppose son pays à des voisins généralement dépeints comme chaleureux et accueillants : les Palestiniens. Il n’est pas le seul à avoir pareille attitude, si l’on en croit la plupart des films actuels venant d’Israël, comme La Fiancée syrienne d’Eran Riklis, Le mur de Suzanne Bitton ou Pour un seul de mes deux yeux d’Avi Mograbi. On se demande, devant tant de compréhension pour l’adversaire, comment cette guerre peut ainsi se prolonger et qui peut bien voter pour les faucons depuis plus d’un demi siècle.

La free zone est une sorte de zone franche située en Jordanie où les pays arabes de la région et les Israéliens ont la possibilité de se rencontrer pour traiter des affaires malgré le conflit local. Hannah, chauffeur de taxi à Jérusalem, est chargée par son mari d’aller y récupérer une forte somme d’argent qu’on leur doit. Une jeune Américaine, Rebecca, qui vient de rompre avec son fiancé israélien, profite de la course pour quitter la ville. Arrivées en Jordanie, elles rencontrent une Palestinienne, Leila, qui leur explique que le débiteur a disparu avec l’argent. J’avoue ne pas avoir compris grand’chose aux développements de ce road-movie confus et bavard, entrecoupé de surimpression esthétiques, malgré le talent déployé par les trois comédiennes dont l’une, Hanna Laslo, a remporté un Prix d’Interprétation mérité. La fin verra l’Américaine quitter la région tandis que la Palestinienne et l’Israélienne poursuivent leur discussion sans fin, mais au moins elles discutent : c’est le message pacifiste que veut faire passer Amos Gitaï. On ne peut qu’approuver, mais quel dommage qu’il reste attaché à ses tics formels qui alourdissent l’histoire par un symbolisme désuet. Le film débute par un gros plan de 10 minutes sur Nathalie Portman, en larmes, destiné à impressionner le public et le jury, je suppose. Heureusement, cet effet souligné ne se reproduit pas dans la suite du récit, mais il nous permet de mesurer la différence qu’il y a entre un plan interminable et un plan-séquence.